Ségolène Royal a botté en touche, hier soir, sur France Inter, quand la question de la reconduction d'Henri Proglio à la tête d'EDF lui a été posée. La décision approche. Elle doit tomber ce jeudi, au plus tard. "Ce genre d'affaire ne se règle pas sur la place publique" a répondu la ministre de l'Ecologie. Avant, quand même, de préciser une chose: "ce n'est pas l'opinion politique des candidats qui comptera" dans le choix à venir. La référence est claire. Henri Proglio est classé à Droite, il est présenté, dans les nombreux portraits qui lui ont été consacrés, comme "chiraquien de coeur et... sarkozyste par intérêt". Sa présence à la "Nuit du Fouquet's", cette soirée organisée pour l'élection de Nicolas Sarkozy, en 2007, l'a définitivement disqualifié pour une partie de la gauche. Et ses propos 5 ans plus tard, en pleine campagne présidentielle, sur la sortie du nucléaire -"1 million d'emplois en péril" avait-il estimé publiquement- semblaient avoir scellé, définitivement son sort. Pour ses soutiens qu'Henri Proglio soit encore là aujourd'hui, qu'il soit même en très bonne position (pensent-ils) pour se succéder à la lui-même à la présidence d'EDF, c'est déjà une belle victoire. Sauf que la dernière étape n'est pas encore franchie. Depuis des semaines, une "bataille en coulisse fait rage": c'est le cliché journalistique qui s'impose. Quelques coups bas, c'est vrai, ont été donnés, mais à part ça, on ne sait rien des intentions du Chef de l'Etat qui, seul, décidera. Les rumeurs vont dans tous les sens, et tout est sujet à interprétation. Le fait, par exemple, de repousser la décision, à cette semaine. Pour certains, c'est sûr: ce délai, c'est le signe que François Hollande veut le débarquer. Au contraire, pour un autre observateur,"c'est parce qu'Henri Proglio va être reconduit, que cette annonce officielle a été reportée, après l'examen du texte sur la transition énergétique". Qu'est-ce qui est le mieux pour François Hollande? Là encore, les arguments s'opposent. "Le bilan de Proglio est bon, il n'y a pas de candidat crédible en face, le Président n'a pas le choix", disent les uns. "Hollande a tout intérêt à le changer, dans un geste d'autorité. Pour affirmer ses choix politiques et énergétiques, ce qui ne peut que le servir en cette période" expliquent les autres. Et de candidats, il n'en manque pas. Des noms sont lâchés: Guillaume Pépy, Jean-Pierre Clamadieu, Thierry Breton, Philippe Crouzet. Laurence Parisot s'est rajoutée elle-même, à la liste. On parle aussi d'une nouvelle gouvernance possible pour contourner l'obstacle. Nommer un Président et un Directeur général. Une sorte de "compromis à la Hollande". Toujours possible.

Droit dans ses bottes. Le gouvernement n'entend pas corriger son budget, Christian Eckert qui l'a dit et répété, hier. Le secrétaire d'Etat au Budget reconnait que des discussions sont bel et bien engagées avec Bruxelles, mais il l'affirme: "on ne bougera pas". Les projets de budget pour 2015, pour l'Etat et pour la Sécurité Sociale, dont l'examen commence au Parlement, "ne seront pas modifiés dans les semaines qui viennent. "Aucune modification en cours" précise Christian Eckert. Pas de plan B.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.