Décidément François Baroin, notre ministre du budget, entretient un rapport particulier avec le courrier, les lettres, les échanges épistolaires. Il y a quelques jours, c'est déjà dans un courrier, adressé aux parlementaires, qu'au détour d'un paragraphe, qu'il avouait que "oui, il faudra, en 2013, augmenter les impôts". C'est encore avec une lettre que le même François Baroin s'apprête, cette semaine, à faire passer 1 ou 2 nouveaux messages à caractère politique. On est, beaucoup plus dans l'anectode, cette fois-ci. Mais quand même. A l'occasion des Journées du Patrinoine, organisées le wek-end prochain, le ministre du budget a décidé qu'à Bercy, qui se visite, chaque année, comme d'autres "palais" de la République, serait exposée pour la première fois au public, une lettre datant du 24 août 1774. C'est une lettre qui était adressée à Louis XVI. Et elle est signée, Turgot, que le Roi venait, tout juste, de nommer Contrôleur des Finances. Sorte d'ancêtre du ministre du Budget. Cette lettre est considérée comme un texte fondateur pour les finances publiques. Et évidemment, en la lisant, le week-end prochain, les visiteurs de Bercy vont, forcément se demander si ce n'est pas, en fait, Baroin, lui-même qui tient la plume. "J'entre en place dans une conjoncture fâcheuse", peut-on lire, alors que "c'est surtout de l'économie que dépend la prospérité de votre règne" écrit-il au Roi (qui finira sur l'échafeaud). Turgot-Baroin fixe, d'entrée son objectif "réduire la dépense au-dessous de la recette". Sinon, écrit-il, impossible de tenir les 3 engagements du Roi: point de banqueroute, point d'emprunt et point d'augmentations d'impôts (déjà!). En pleine "chasse aux niches ficales", François Baroin a sans doute apprécié les consignes de son illustre prédécesseur: "les ordonnateurs (comprendre: les ministres, les lobbys de tous poils) soutiendront que leurs dépenses sont indispensables, écrit Turgot, il ne faudra pas céder. Puis, cette adresse au Roi: "il faudra, Sire, vous armez contre votre propre bonté". On pense, d'un seul coup, aux aides au logement étudiants, à la TVA de Canal+... Déjà en 1174, cette phrase ne manquait pas d'une certaine dose d'ironie. Les banques vont devoir être plus prudentes. C'est une façon de résumer l'Accord, trouvé hier soir, entre les Banques centrales de 27 pays et les autorités de régulations, chargées de contrôler le secteur bancaire. Presque 2 ans, jour pour jour, après la chute de Lehman Brothers, il s'agit d'éviter une nouvelle crise de ce genre. L'Accord prévoit donc d'imposer aux banques un renforcement de leurs fonds propres (l'argent mis en réserve pour faire très court), histoire qu'elles ne soient pas obligées de retourner vers les Etats, et les contribuables, en cas de problème. La préparation du Budget 2011... avec les 2 Rapporteurs UMP, au Parlement, pas "très mécontents". Ils s'expriment dans la presse, ce matin. Philippe Marini, au Sénat, affirme que la "méthode du gouvernement n'est pas la bonne" pour faire des économies. A l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, sur les niches fiscales: "ce n'est pas un rabot, c'est une lime à ongles!"

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