"La Grèce, c'est terminé". C'est un "gérant-actions" qui parle. Un spécialiste de la bourse. De ceux qui occupent leur journée à scruter les cours et les indices. Hier, "c'était une journée de plus dans la tempête" dit-il. Une de plus. Une, pas forcément différente des précédentes. Il résume : les marchés ont d'abord attaqué la Grèce, puis les banques. Depuis jeudi dernier, l'euro, également, est affaibli. La routine presque. Comme beaucoup d'autres, il en est convaincu maintenant : le sort de la Grèce est scellé. Le pays va faire défaut. "C'est sûr. C'est incontournable". Les économies qu'on lui demande de faire ne font qu'accentuer sa chute dans la récession, et empêchent le redressement de ses comptes. Les privatisations qu'on lui impose de mener, elles, sont impossibles à lancer dans le contexte actuel. Résultat : la question, aujourd'hui, n'est plus de savoir si la Grèce va faire faillite, ni même quand ("c'est une question de jours. Peut-être de semaines, mais pas plus", explique ce "représentant des marchés"). La question, aujourd'hui, c'est de savoir comment les dirigeants européens vont accompagner cette annonce pour éviter une contagion à d'autres pays de la zone euro, affaiblis : l'Espagne ou l'Italie. Pour s'en convaincre, il souligne l'évolution sensible des déclarations officielles. François Fillon, par exemple. Hier soir, le Premier ministre n'a pas dit : "nous soutiendrons la Grèce jusqu'au bout". Mais il a parlé de "protéger la zone euro" : la nuance est de taille. Dans les salles de marchés, on attend donc maintenant le moment où la faillite de la Grèce sera officiellement actée. A quel niveau: 40... 50%, c'est la question. Mais -on en est sûr- les banques européennes et françaises ont les reins assez solides pour tenir. Est-ce que ce "défaut grec" s'accompagnera de sa sortie de l'euro? "Là, c'est plus difficile à imaginer", assure notre professionnel de la finance, qui veut croire que les autorités préparent, en ce moment et en toute discrétion, un plan concerté au niveau mondial... pour amortir le choc. Un plan qui pourrait impliquer la Banque Centrale Européenne et la Réserve fédérale américaine.Peugeot Citroën prépare un nouveau plan d'économies. Et l'emploi va être touché. C'est le patron de PSA qui l'annonce dans le Figaro, ce matin. Philippe Varin veut anticiper le ralentissement économique qui s'annonce, même si, aujourd'hui, dit-il, son carnet de commandes reste fourni. Philippe Varin annonce, donc, une nouvelle vague de réductions des coûts chez PSA : pas de plan de départs (forcés ou volontaires) à ce stade, mais une mobilité "interne" accélérée. Le recours aux intérimaires et à la sous-traitance va être réduit.Obama s'en mèle. "L'économie mondiale restera affaiblie tant que la crise de la zone euro persistera" : décalaration de Barack Obama, cette nuit. Le président américain se dit "profondément impliqué" dans la recherche d'une solution... en Europe! Fait inédit : son secrétaire au Trésor, Tim Geithner, annonce sa participation, vendredi, à la réunion des ministres européens de l'Economie et des Finances.Oudéa confiant. Après la dégringolade d'hier, Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale, l'assure : "sa banque fonctionne normalement". Il ajoute : "nous avons les moyens d'affronter des temps plus durs".

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