C'est ainsi qu'Eric Woerth, le ministre des Affaires sociales, a vécu sa journée de lundi. Sa première journée de consultations des partenaires sociaux, dans le cadre de la réforme des retraites. 8h30, Jean-Claude Mailly ; 9h30, Laurence Parisot ; 10h30, François Chérèque. Et ainsi de suite jusqu'à 18h! C'était un peu "Un jour sans fin" pour le ministre (ce film où le héros revit, en permanence, la même chose). Du coup, son cabinet l'affirme: pour la suite du processus, Eric Woerth s'y prendra différemment. C'est promis: il accordera plusieurs heures d'affilée d'entretien à chacun des grands leaders syndicaux et patronaux. Ils auront, donc, tout le temps qu'ils souhaiteront pour développer leurs arguments. Mais -attention!-, les rendez-vous prévus d'ici début juillet et la présentation de la réforme, en Conseil des ministres, se feront tous en version bilatérale: le ministre face à une seule organisation! Pas question d'organiser une grande réunion, avec tout le monde autour d'une très grande table. Pas question de monter une de ces séances"-marathon", qui commencent (généralement) en fin de journée pour se terminer tard, très tard, en pleine nuit, histoire de montrer qu'on a bien négocié. Jusqu'à l'épuisement et jusqu'aux limites (physiques et politiques) des uns et des autres. Pour cette réforme 2010, le gouvernement rejette cette methode-là, et va donc privilégier les tête-à-têtes: "ça permet un dialogue plus approfondi, plus franc... moins politique", reconnaît un conseiller d'Eric Woerth, qui ajoute "ça évite, également, la surrenchère": manière de sous-entendre que les leaders syndicaux n'ont pas toujours le même discours, en public (ou avec leurs homologues), que lors d'un face-à-face avec un ministre. La méthode, d'entrée, ne plait pas à la CGT, qui a réclamé lundi à Eric Woerth, la tenue de réunions collectives. Pour l'organisation de Bernard Thibault, cette façon de faire prouve que le gouvernement a bien l'intention de décider seul. Sans chercher, sinon la signature, du moins le consentement, d'un ou plusieurs syndicats. Le ministre ne dément pas: il répète, systématiquement, qu'il s'agit de concertations, et non de négociations. En fait, le gouvernement cherche d'abord à convaincre l'opinion publique de l'urgence à réformer et à décider de travailler plus longtemps. Les chiffres du Conseil d'Orientation des Retraites, publiés aujourd'hui, doivent aider. Comme la campagne de pub qui démarre, également ce mercredi. Le Livret A n'est plus une bonne affaire! Son rendement est désormais négatif! Alors que l'inflation repart à la hausse -on est maintenant sur un rythme annuel de 1,6% (chiffre publié hier), la Banque de France a fait savoir qu'elle ne souhaite pas relever -comme elle pourrait, pourtant, le faire au 1er mai- elle ne souhaite pas relever le taux de rémunération du Livret A, aujourd'hui fixé à 1,25%: c'est son plus bas niveau historique. Résultat, donc: le Livret A ne rapporte plus rien. Son rendement réel devient négatif, et pourrait le rester (sauf décision contraire du gouvernement) jusqu'à l'été. il faut donc dépenser, plutôt qu'épargner, dans les prochains mois! Les carburants, plus chers! Essence ou gazole, ils sont au plus haut depuis un an et demi. Et ça devrait durer, du fait de la hausse des cours du pétrole, et du recul de l'euro face au dollar. On ferme! Peugeot Citroën ferme son site de Melun-Sénart (qui s'occupe de pièces détachées): 400 postes vont être supprimés, sans licenciements secs.

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