C'est un conflit symptomatique du malaise actuel en France : chez Carrefour jamais depuis la création du groupe de grande distribution, les syndicats n'avaient appelé ensemble à faire la grève ; c'était samedi dernier et cet appel a été suivi. Résultat, alors que Carrefour présente aujourd'hui son chiffre d'affaire pour le 1er trimestre, hier les syndicats ont obtenu une petite avancée sur les salaires : au lieu d'être augmentés de 1% le mois dernier et 1% en octobre ce sera 2% tout de suite. C'est déjà ça de gagner disent certains, c'est à peine l'inflation disent d'autres et donc zéro augmentation ! Les salariés de Carrefour obtiennent aussi une revalorisation de leur remise de 7 à 10%, une remise pour acheter sa nourriture dans les hypermarchés, pour faire le plein d'essence également... Mais le conflit n'est pas pour autant enterré. Car les syndicats sont affolés par le projet de scission de Carrefour, projet mené tambour battant par les deux principaux actionnaires du groupe Colony Capital et Bernard Arnault qualifiés de sangsue qui veulent du cash tout de suite par Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvrière ou de requins de la finance par la CGT de Carrefour. Car l'objectif de ces actionnaires ne fait aucun doute : si le groupe est scindé, partagé, il vaudra plus cher et donc rapportera plus ! C'est là que s'opposent d'un côté les salariés et de l'autre les actionnaires. Et dans cette opposition pour l'instant, les actionnaires sont toujours gagnants. Sauf qu'aujourd'hui, alors que les profits sont de retour dans les grandes entreprises, que 40 milliards de dividendes vont être versés par le CAC 40, les salariés ne comprennent plus le gel de leurs salaires ou les revalorisations à minima. Patronat et syndicats sont censés négocier depuis 2 ans le partage des richesses dans l'entreprise mais rien de neuf à l'horizon. Alors la politique s'empare de la problématique et invente une solution presque immédiate et clé en main : une prime d'au moins 1000 euros devra être versée aux salariés des entreprises qui rémunèrent leurs actionnaires. Mais là encore, comme chez Carrefour, certains disent que c'est déjà ça de gagner, d'autres s'étonnent de l'empressement du gouvernement et estiment la mesure inégalitaire. Car finalement peu de salariés seraient concernés. Même la croissance de retour en France et qui devrait profiter à tous sera moins forte que prévu l'an prochain ! Plus de croissance l'an prochain mais moins que prévu. Prévision revue à la baisse pour 2012 par Christine Lagarde, la ministre de l'Economie tablait sur 2,5% ce sera 2,25%. Pour cette année l'objectif est de 2%. Notre endettement poursuivra son inquiétante ascension à 86% du PIB l'an prochain contre un peu plus de 80% aujourd'hui. Aux Etats-Unis, Barack Obama promet de réduire les déficits publics. Les dépenses de santé sont notamment dans le collimateur, les dépenses militaires également... des sacrifices dangereux du point de vue électoral mais réclamés par le FMI et nécessaires du point de vue économique. Les tablettes informatiques gagnent du terrain sur les ordinateurs. Les ventes mondiales reculent, une première depuis 1 an et demi.

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