Il y a 30 ans, il était à Matignon, conseiller économique de Pierre Mauroy, Premier ministre. Ce matin, dans la tribune qu'il signe et que publie le journal "Les Echos", il rappelle cette période: "j'ai fait partie de la petite équipe qui a conçu le plan de redressement de 1982-1983 (ce qu'on a appelé le "tournant de la rigueur"), écrit Jean Peyrelevade, économiste, haut fonctionnaire, ancien patron du Crédit Lyonnais et soutien, en 2007, de François Bayrou à la Présidentielle. Et il poursuit: "le mal étant aujourd'hui de même nature (qu'en 1982), mais plus profond, des remèdes similaires doivent être appliqués (mais) avec davantage d'intensité". Manuel Valls, la politique de l'offre, le "Pacte" de François Hollande: c'est à eux qu'est consacrée cette tribune. Le nouveau Premier ministre? Jean Peyrelevade n'en pense que du bien, tout comme le virage pro-entreprise du Président de la République. Le Pacte de responsabilité, en revanche, ne trouve pas grâce à ses yeux. Pêle-mêle: il est "insuffisant", "mal conçu", "mal calibré". Si on ne le modifie pas, "son échec est certain"! Tout part d'un constat radical. Attention, si vous ne vous sentez pas très bien en ce moment, un peu déprimé, sautez le 3ème paragraphe, l'économie française y est décrite "en déclin continu": "augmentation rapide du coût du travail, recul des marges des entreprises, sous-investissement, désindustrialisation, déficit extérieur, mollesse de la croissance, stagnation durable du pouvoir d'achat, montée du chômage, déficit des finances publiques", n'en jetez plus ! La faute, selon Jean Peyrelevade... aux salaires ! Chacun à son petit niveau ne sera sans doute pas convaincu par ce constat, mais selon lui, les salaires augmentent trop vite en France. Plus vite, en tout cas, que les gains de productivité. D'où notre perte de compétitivité. Syndicats et patrons, pour le coup, seraient responsables: les premiers en demandant toujours plus, les seconds en achetant la paix sociale. Le résultat est une augmentation continue depuis 15 ans du coût du travail français. "Les charges sociales ne sont, donc, pas responsables de cette situation, et les baisser (objectif du Pacte) n'aura donc qu'un effet temporaire, "absorbé" en 3/4 ans". Ce qu'il faut faire, selon Jean Peyrelevade, ce n'est, donc, pas toucher aux charges mais d'abord à l'impôt des entreprises. Alléger l'impôt sur les bénéfices... réinvestis (pour doper l'investissement: ce n'est pas le premier à le dire). Et surtout imposer la modération salariale à tous ! Selon Jean Peyrelevade, c'est une "exigence que de nombreux dirigeants politiques ou patronaux ont en tête mais que personne n'ose annoncer au peuple".

Fort. La Banque Centrale Européenne est prête à agir contre l'euro fort ! C'est l'info du week-end : une déclaration inédite, dans la forme et le fond, du président de la BCE. Depuis Washington, à l'occasion des réunions de printemps du FMI et la Banque mondiale, Mario Draghi a reconnu que l'euro fort pénalise le retour de la croissance en Europe, et que, par conséquent, la BCE pourrait intervenir. Dans le Figaro, ce matin, le gouverneur de la Banque de France confirme: "la baisse de l'euro est souhaitable" dit Christian Noyer, mais qui ajoute: attention, "il est plus facile d'invoquer une baisse de l'euro que de l'orchestrer".Faible. Wall Street sous tension. La chute des valeurs technologiques semble s'accélérer. En quelques semaines, plus de 150 milliards de dollars de capitalisation boursière des groupes "internet" américains sont partis en fumée.

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