Crises au pluriel: crise économique, et d'une certaine façon "crise de nerfs". On est là sur une question très "tabou", de l'aveu même d'un membre du Médef: la question des cotisations que versent les grandes fédérations patronales (le textile, le secteur bancaire, l'automobile, par exemple) au Médef, en quelque sorte, leur "maison-mère". Ce matin, se tient au Médef un comité exécutif, le dernier de l'année, qui traditionnellement est consacré au budget de l'année suivante. Celui de 2010 sera marqué par la crise: de nombreux adhérents vont, en effet, réclamer une baisse de leur contribution... conséquence de la crise économique. Dans l'entourage de Laurence Parisot, on comprend, évidemment. On explique même que cette année déjà (en 2009) plusieurs fédérations patronales ont réclamé des ristournes. Sur 75, 23 ont obtenu un rabais: les équipementiers automobile notamment. Le Textile, encore. Et au Médef, à Paris, on assure qu'on s'est, du coup, serré la ceinture cette année ("comme toutes les entreprises" insiste-on pour bien marquer sa solidarité)... des économies ont été réalisées un peu sur tout: voyages, communication. Sur les augmentations de salaires, également. Sauf que pour certains, ça ne suffit pas apparement. C'est le cas de l'Ania... la fédération patronale de l'industrie de l'agroalimentaire. Qui doit décider cette semaine, si elle ne va pas -carrément- quitter, le Médef! Ce serait une trè-s mauvaise nouvelle pour Laurence Parisot, qui doit briguer, l'année prochaine, un nouveau mandat à la tête de l'organisation patronale. L'hypothèse, du coup, agite le milieu patronal depuis que l'information est sortie dans la presse, il y a une semaine. Certains parlent d'un coup de pub, d'un "bluff" ("l'Ania joue à retenez-moi, ou je fais un malheur" ironise un patron). D'autres, d'une manoeuvre bien maladroite pour obtenir une ristourne sur sa cotisation. Jean-René Buisson, le patron de la Fédération de l'agroalimentaire, se défend de toutes ces critiques. J'applique, dit-il, à mes propres comptes, ce que toute les entreprises font, en cette période de crise: je passe en revue toutes mes dépenses, et soupèse coût et bénéfices. Résultat de son travail sur les 600 mille euros qu'il verse au Médef... "c'est trop cher, pour un résultat pas forcément satisfaisant". Au passage, il critique la gestion "trop personnelle" de Laurence Parisot. Et le Médef "trop parisien et technocratique". La crise a certaines vertus apparement: elle délie les langues! On connaîtra, aujourd'hui, les contours du "Grand emprunt Sarkozy". Le Président de la République dévoile, ce matin à 11 h, ses arbitrages... 15 jours après la remise du rapport de la Commission Juppé-Rocard. Il l'a déjà dit, Nicolas Sarkozy devrait suivre quasiment à la lettre leurs recommandations: un grand emprunt autour de 35 milliards d'euros. L'enseignement supérieur et la recherche seront, particulièrement choyés. Quant au financement, sauf surprise tout se passera par les marchés financiers. Sans appel à l'épargne des Français. ArcelorMittal supprime (encore!) des emplois. Le groupe sidérurgiste ArcelorMittal envisage de supprimer 10 000 emplois, l'année prochaine, à travers le monde. C'est le journal "Les Echos" qui le révèle ce matin. La France ne serait que très peu touchée par cette nouvelle restructuration: en 2 ans, ArcelorMittal aura détruit près de 50 000 emplois. Dubaï rassure. L'émirat, au bord de la faillite, annonce ce matin avoir reçu un prêt de 10 milliards de dollars de la part de son grand voisin, Abou Dhabi.

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