Commençons pour un résumé des épisodes précédents. Désormais, tout le monde -y compris le Président de la République- anticipe une dégradation de la France. Beaucoup pensent que ce sera "avant Noël". Et certains, même, estiment que ça pourrait arriver "dès vendredi soir. Après la fermeture de Wall Street". On en est là. Et maintenant la question est, évidemment, de savoir quelles conséquences va avoir cette dégradation. Il n'est facile de répondre à cette question. D'abord parce qu'on ne sait à quel point, aujourd'hui, le marché a anticipé l'événement. On a bien vu les taux d'intérêt, réclamés à la France, grimper, ces dernières semaines. On a vu l'écart (le spread) avec l'Allemagne se creuser. Mais le mouvement n'est probablement pas terminé: et il pourrait s'amplifier, avec l'annonce de la perte du triple A français. Cet été, les Etats-Unis dégradés n'ont pas vu leurs taux s'envoler, mais c'est, peut-être, le statut dollar qui les a protégé. Pour la France, la dégradation pourrait être bien plus mal vécue. En fait, tout dépendra de l'ampleur de la décision de Standard & Poor's. Si l'agence dégrade, en même temps, et dans les mêmes proportions, les 6 pays "triple A" de la zone euro, ça devrait passer: la France, relativement aux autres, restera un "bon émetteur souverain". Mais, si elle devait être la seule à être dégradée, ou si elle devait être plus dégradée que les autres (ce qui est possible, et prévu par l'alerte de Standard & Poor's) alors ça pourrait être beaucoup plus compliqué: les taux à 10 ans vont grimper. Et les réactions en cascade seront nombreuses. Pour le financement des grandes entreprises du CAC 40. Et pour les institutions qui bénéficient de la garantie de l'Etat français: c'est très large, ça va de Réseau Ferré de France, à la Caisse des Dépots, l'Unédic, en passant pas les grandes collectivités locales. Le scénario noir n'est pas certain, mais c'est celui-ci: la dégradation de la note de France pourrait provoquer un très fort renchérissement du coût de notre dette. Résultat: la France n'arriverait pas à redresser ses comptes. Et risquerait, donc, d'être, à nouveau, dégradée. Là, on quitte le bon vieux feuilleton à la française, pour la série américaine, où chaque nouvelle saison est pire que la précédente.

Les avions, les "bigmac"... mais pas la banque. C'est, d'une certaine manière, le palmarés des embauches en France, pour les prochains mois. Hier, Airbus a révélé qu'il va continuer à embaucher l'année prochaine. Notamment pour accompagner la montée en puissance de son programme A350. L'avionneur prévoit 4 mille embauches, en 2012.Hier, Mac Donald's a, également, annoncé, une vague de recrutements: 9 mille CDI (à temps partiels) en 3 ans. McDo augmente la cadence et s'apprête à ouvrir 40 restaurants par an en France, dans les prochaines années.Le secteur de la banque lui aussi, globalement, embauche (dans la banque de détail). En revanche, il réduit ses effectifs, dans ses filiales de financement et d'investissement. Après la Société Générale, BNP Paribas, le Crédit Agricole devrait annoncer aujourd'hui des suppressions de postes. 2 mille, peut-être plus. Dont 1 quart en France.

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