C'est un des principaux soucis quotidiens pour les patrons d'entreprises. Pas les grands groupes du CAC 40, non. Mais certains de leurs fournisseurs. Et, plus largement, de nombreuses petites et moyennes entreprises. Du plombier au fabricant de composants électroniques en passant par le viticulteur. Les délais de paiement qui s'allongent sont une véritable gangrène pour les affaires (me confiait récemment un chef d'entreprise). Eh bien, selon une étude publiée ce matin par la société Altares qui surveille les choses au niveau européen, le problème s'aggrave, surtout chez nous! Moins d'une entreprise française sur trois respecte ses délais de règlement, selon Altares, qui note une augmentation des retards au quatrième trimestre 2012. 31% de bons élèves, seulement, en France, contre plus de 42%, en moyenne, en Europe. Non seulement il y a de plus en plus de mauvais payeurs, mais, parallèlement la durée moyenne des retards augmente, elle aussi. Plus de douze jours de retard à la fin de l'année dernière pour un délai qui dépasse fréquemment les soixante jours.

Plus généralement, Altares note qu'en Europe, les comportements en la matière ont tendance à se dégrader au Sud tandis qu'ils restent stables ou s'améliorent en Europe du Nord.

Comment peut-on expliquer l'augmentation de ces retards de paiement?

C'est logiquement une des conséquences bien concrètes de la crise financière, plus dévastatrice au sud de l'Europe. De plus en plus d'entreprises ont des soucis de trésorerie et des problèmes de financement au quotidien. Entre impayés et réduction des autorisations de découverts bancaires, logiquement, ces problèmes s'accumulent et la contagion gagne du terrain. Le ministre de l'Economie avait d'ailleurs reconnu le problème la semaine dernière, lors de sa visite au salon des entrepreneurs. Pierre Moscovici avait notamment promis un renforcement des contrôles et des sanctions administratives. Mais il veut aussi encourager le développement du paiement électronique. Des mesures seront prises dans le cadre du futur projet de loi sur la consommation, attendu au printemps. « L'Etat doit montrer l'exemple! » avait même conclu le ministre. Et il a des progrès à faire en la matière, si l'on en croit certains de ses fournisseurs.

La croissance française est toujours en panne. Moins 0,3% au quatrième trimestre, selon l'INSEE. Résultat, une croissance zéro pour l'ensemble de l'année 2012. Cette croissance nulle compromet fortement la prévision gouvernementale pour cette année 2013: 0,8% de croissance et 3% de déficits publics. Hier soir, le premier ministre a reconnu pour la première fois que cet objectif officiel de réduction des déficits publics ne serait pas atteint : « l'objectif, c'est le déficit zéro en 2017 » a précisé Jean-Marc Ayrault.

Après Peugeot, Renaut publie ce matin ses résultats 2012 . Le bénéfice net s'élève à 1,77 milliards d'euros, en baisse de 15% par rapport à 2011.

Autre résultat 2012 . Les profits de BNP Paribas: six milliards et demi d'euros, en hausse de 8%.

De son coté, EDF annonce une progression de 5% de son bénéfice net à 3,3 milliards d'euros. Et un plan d'économies en 2013, pour un milliard d'euros.

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