Les banques américaines vont très bien (merci pour elles) mais toutes les banques, dans le monde, n'ont pas retrouvé, aussi vite et aussi fort, une telle santé -insolente!- qui leur permet de reprendre une activité normale. Comme si rien ne s'était passé! En France, on sait que Natixis plombe aujourd'hui encore ses 2 maisons-mères (qui n'en faut plus qu'une d'ailleurs: les Caisses d'Epargne et les Banques populaires). Mais on avait, sans doute, oublié (un peu vite) que la Société générale, elle aussi, a beaucoup souffert. Et hier matin, elle a même dû avouer qu'elle n'est pas sortie de cette crise. La banque a en effet, lancé ce qu'on appelle un "avertissement" sur ces résultats: elle a prévenu le "marché" que pour 2009, elle ne réalisera pas le bénéfice attendu. Les experts anticipaient 1 milliard d'euros. Ce sera, sans doute, moitié moins. On pourrait se dire :"elle reste rentable, ce n'est donc pas si grave"... sauf que si on compare sa performance... par exemple, à celle de sa grande rivale, BNP-Paribas, le constat est sans appel: la BNP va engranger, en 2009, 10 fois pluss de bénéfice que la Société générale! Alors qu'est-ce qui passe pour la banque, dirigée aujourd'hui par Frédéric Oudéa?. Les subprimes, encore et toujours! Dans les comptes de la banque sommeillent quelques 37 milliards d'euros d'actifs "toxiques"... de produits financiers "pourris". Et invendables. Pour le 4ème trimestre 2009, la Générale a passé encore 1 milliard 400 millions d'euros supplémentaires de dépréciations d'actifs... de nouveaux "cadavres découverts dans le placards"! La bourse, évidemment, n'a pas apprécié (le titre a reculé de presque 3% ) mais, surtout l'inquiètude grandit, à nouveau, concernant l'avenir de la Société générale. Elle est indépendante... elle n'est pas adossée à un grand groupe bancaire, et cette indépendance jusqu'ici, elle l'assurait grâce aux résultats faramineux de son activité dans la "banque d'investissement". On a vu comment. Et avec quel résultat! Mais, voilà: en 2007, elle a été plombée par Kerviel. En 2008, par la crise. Et en 2009, contrairement à ses consoeurs, elle ne s'est pas redressée. Conséquence: la banque n'a, peut-être, plus les moyens aujourd'hui d'assurer, seule, son avenir. Et elle redevient, du coup, une proie intéressante. Barack Obama va lourdement taxer ses banques. On parle d'une taxe qui pourrait rapporter jusqu'à 120 milliards de dollars. Le président américain doit dévoiler, aujourd'hui, les contours de cette "super taxe", qui vise à récupérer l'aide financière que l'Etat américain a déboursée, au pire moment de la crise, pour sauver les banques, les assureurs et les constructeurs automobiles. Cette taxe vise aussi à calmer l'opinion publique américaine alors que la "saison des bonus" commence à Wall Street et que les grandes banques new-yorkaises devraient annoncer une distribution "record" de primes à leurs salariés. Comme avant la crise. Chez Goldman Sachs par exemple, les 10 traders les plus côtés devraient toucher plus de 10 millions de dollars de bonus. Chacun. 1,25%. En France, le taux du Livret A reste à 1,25%. Décision du gouvernement hier qui a choisi de ne pas le modifier. La formule mathématique appliquée strictement aurait dû le faire descendre à 1%. -5%. A Berlin, chiffre confirmé. L'économie allemande a reculé de 5% en 2009. Au moins, 2 fois plus que la France. C'est la pire récession, pour l'Allemagne depuis la seconde guerre mondiale.

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