Vous ne l'avez, sans doute, pas vécue comme ça mais la semaine qui s'achève était (pour utiliser un bon vieux cliché journalistique, "la-semaine-de-tous-les-dangers", pour la zone euro. Une semaine, au cours de laquelle, pas moins de 3 pays de la zone, 3 pays jugés "à risque", avaient programmé une importante opération de financement sur les marchés. Une émission d'obligations d'Etat, à plusieurs milliards. Tous les responsables européens "retenaient leur souffle" (autre cliché journalistique): le Portugal, l'Espagne et l'Italie allaient-ils réussir leur opération? La réponse, on la connaît, donc, maintenant: c'est oui. Tout s'est à peu près bien passé, cette semaine: les banques ont répondu à l'appel. Elles ont acheté de la dette portugaise, espagnole et italienne: preuve que la confiance est toujours là. En buvant un petit café, hier matin, juste avant d'entrer dans ce studio, Christine Lagarde disait son soulagement. Mais, son agacement aussi, parce que, cette semaine, a quand même montré que ceux qui "jouent contre l'euro" sont toujours à l'oeuvre. Par exemple, en lançant des rumeurs qui servent leurs intérêts. Ou plutôt leurs taux d'intérêts. Le week-end dernier, une information, reprise par toute la presse, affirmait, ainsi, que la France et l'Allemagne faisaient pression sur les Portugais pour qu'ils réclament l'aide de l'Europe et du FMI. Cette nouvelle, officiellement démentie et que les journalistes qui ont tenté de vérifier n'ont jamais pu étayer, a fait grimper les taux. Remis une bonne dose d'inquiètude. Lundi, elle a même poussé la Banque Centrale Européenne a intervenir pour calmer tout le monde. Cet épisode montre que la crise de la zone euro est loin d'être finie. L'Europe, cette semaine, a gagné "une bataille, pas la guerre" (encore un cliché. Celui-là, trouvé chez un confrère). Les débats, en tout cas, se portent maintenant sur le montant du Mécanisme de secours de la zone euro. Hier, le Premier ministre belge s'est dit favorable à son doublement. Carrément, à 1.500 milliards d'euros. De quoi alimenter, sûrement, de prochaines rumeurs. Les Conseils d'administration des grandes entreprises française vont devoir se féminiser. Le Parlement a adopté, hier, une proposition de Loi qui impose une présence accrue des femmes au sein des Conseils d'administrations. 20% minimum d'ici 3 ans. Et 40% en 2017. Le non-respect de ces quotas entraînera des sanctions, comme la suspension temporaire des jetons des présences (la rémunération des administrateurs). La menace semble fonctionner, puisque depuis le dépôt du texte, il y a 1 an au Parlement, les nominations de femmes ont été plus nombreuses. On est de 10% à un peu plus de 15%. Au CAC 40, 2 entreprises n'ont aucune femme dans leur Conseil, c'est ST Microelectronics et EADS, la maison-mère d'Airbus. Une petite phrase qui pourrait faire parler. "En France, l'indemnisation des chômeurs est excessive. Elle ne favorise pas la reprise du travail". Elle est signée Pierre Méhaignerie, le président UMP de la Commission des Affaires sociales, à l'Assemblée nationale.

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