"Ca va être très tendu. J'ai hâte de l'entendre et de savoir comment elle va se justifier. Moi, je suis choqué en tout cas, et je vais clairement dire ce que je pense de sa démarche". Ainsi parlait, hier soir, un patron, adhérent du Medef, et membre de son Conseil exécutif. Il refuse qu'on donne son nom parce que qu'il veut réserver, dit-il, la primeur sa colère à la présidente de son organisation, Laurence Parisot. La réunion du Conseil exécutif de cet après-midi, et le traditionnel déjeuner qui la précède, promettent d'être "chauds" dit-il encore. Depuis vendredi, au Medef, on parle beaucoup de ça. De l'Accord trouvé avec plusieurs syndicats pour réformer le marché du travail en France évidemment, mais aussi de son tout premier effet, prévisible mais qu'on attendait pas si vite dans le camp patronal: le lancement d'une opération interne, visant à maintenir Laurence Parisot, à la tête de l'organisation. Selon les statuts actuels, elle doit quitter son poste, en juillet prochain, au terme de 2 mandats, limite maximale fixée. Mais, vendredi dernier, à peine l'Accord avec les syndicats conclu -vrai succès personnel pour elle-, Laurence Parisot a ajouté à l'ordre du jour du Conseil exécutif de cet après-midi, une proposition pour réformer les statuts du Medef. Formellement, "il ne s'agit pas d'elle": c'est ce que dit son entourage. Il s'agit, à ce stade, de réfléchir à la durée des mandats du président du Medef et aussi à la limite d'âge de ses dirigeants. Aucun vote n'est prévu. Mais notre patron agacé, traduit: "elle cherche tous les moyens pour rester, voilà tout". Sur la forme, c'est "contestable", dit-il, parce "totalement opportuniste". Elle surfe sur le succès de l'Accord. "Sur le fond, ce n'est pas défendable non plus. Elle change les statuts du Medef pour son seul intérêt personnel! Quelle image va-ton renvoyer" lâche-t-il, pas surpris", cela dit, de la démarche. Depuis de nombreuses semaines, l'hypothèse d'un prolongement du mandat de Laurence Parisot était évoquée, publiquement, par plusieurs de ses soutiens. Elle-même n'a jamais rejeté l'idée d'un changement des statuts de son organisation. Ses proches avancent la nécessité de ne pas "changer de capitaine en pleine tempête" (refrain souvent entendu en politique). Laurence Parisot, dans les Echos ce matin, teste d'autres arguments. Elle affirme qu'un changement d'équipe ne serait pas bon alors que le Parlement va devoir transcrire dans la Loi, l'Accord passé vendredi. Mais comme ceci devrait être fait avant l'été et la fin de son mandat actuel, elle ajoute qu'il faudra ensuite surveiller les décrêts d'application!

Pas terrible, le moral des cadres. C'est ce que révèle notre Baro-Eco "France Inter, Viavoice, HEC, le Figaro" (vague de janvier). Les cadres interrogés se montrent très pessimistes pour 2013. Comme tout le monde, ils anticipent un chômage en hausse, et un pouvoir d'achat en baisse.En baisse. Le gouvernement devrait confirmer, aujourd'hui ou demain, la baisse du taux de rémunération du Livret A et des LDD (les Livrets de Développement Durable). En raison du recul de l'inflation, il va passer, au 1er février, de 2,25 à 1,75%. C'est une perte de 9 euros 50 par mois pour les Livret A "au plafond", c'est-à-dire ceux où sont déposés quasiment 23 mille euros.

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