Récemment, le patron d'une agence de notation, en public, s'amusait en constatant à quel point, les Français avaient progressé dans leur connaissance de son activité. "Aujourd'hui, tout le monde sait ce que signifie le "triple A", soulignait-il, alors qu'il y a quelques années, personne ne savait ce qu'était une agence de notation". Il n'a pas précisé si c'était une bonne chose à ses yeux. Ou s'il ne préfèrerait pas, finalement, revenir à cette période où son agence pouvait agir, loin des yeux du grand public. Cette période-là, c'était celle qui a précédé la chute de Lehman Brothers, époque où les agences de notation attribuaient aux subprimes, leur fameux "triple A", leur meilleure note, signifiant la quasi-absence de risque. La suite, on la connaît: ces produits se sont avérés, en fait, extrêmement nocifs et leur dissémination dans des produits financiers complexes a fait basculer la planète entière, dans une crise profonde. Qui dure encore. Aux Etats-Unis, la justice n'a pas encore soldé cette affaire. Le New York Times vient, ainsi, d'annoncer que l'agence Standard & Poor's est en passe de négocier un accord, pour mettre fin à des poursuites, inédites. Les premières du genre menées contre une agence de notation. Jusqu'ici l'agence rejettait, en bloc, ces accusations, "plainte sans fondement" disait-elle. Plainte qu'elle présentait encore comme une mesure de rétorcion, une vengeance de l'administration américaine, après que la décision de Standard & Poor's de dégrader la note des Etats-Unis, en 2011 (et c'est vrai qu'elle est la seule poursuivie). L'agence invoquait également jusqu'ici le 1er amendement aux Etats-Unis, et la libre expression: "Standard & Poor's est Charlie", autrement dit. La justice américaine, elle, pointe un conflit d'intérêt. L'agence notait très favorablement les produits financiers, avec des vrais morceaux de subprimes dedans, en échange de quoi elle touchait de très confortables émuloments. Le département américain de la Justice a, en sa possession, des mails de salariés de Standard & Poor's qui estimaient la catastrophe imminente, alors que l'agence continuait à bien noter les produits financiers en question. Circulait en interne, la parodie d'une chanson des Talking Heads, annonçant le prochain krach. Pour éviter le grand déballage, Standard & Poor's pourrait accepter de payer, dans les prochaines semaines, plus d'un milliard de dollar. De quoi effacer une année de bénéfice.

Bombe. Ségolène Royal fait du bien à EDF. A la bourse, hier, le titre EDF a bondi de 5%. 5% tout rond: la meilleure performance de la séance. Et ce sont bien, pour une fois, les propos de Ségolène Royal qui ont poussé à l'achat d'action d'EDF. Dans une interview accordée à l'Usine Nouvelle, la ministre de l'Ecologie affirme qu'il va falloir construire de nouvelles centrales nucléaires, en France. "Il faut programmer la construction d'une nouvelle génération de réacteurs", dit Ségolène Royal, "qui prendront la place des anciennes centrales", quand elles ne pourront pas être rénovées. Elle ajoute: "le nucléaire est un atout évident".

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