Une idée, hier soir, en préparant cette chronique: passer un coup de fil à François Chérèque. Prendre de ses nouvelles, après le Congrès de la CFDT, son syndicat, à Tours, la semiane dernière: quel bilan en tire-t-il? Connaître, aussi, son état d'esprit, à 2 jours de la révélation de la réforme des retraites, par le gouvernement. Le moins que l'on puisse dire, c'est que François Chérèque n'attend plus grand chose de ces annonces: la remise en cause de la retraite à 60 ans l'a définitivement fait basculer dans le camp des opposants. L'a définitivement ancré dans l'intersyndicale, aux côtés de la CGT. "Les 60 ans, c'est le plus petit dénominateur commun", reconnaît-il, mais ça suffira à garantir l'unité syndicale, jusqu'à l'automne. Vendredi, de retour du Congrès, François Chérèque a eu Raymond Soubie au téléphone. Le conseiller de Nicolas Sarkozy pilote, à l'Elysée, cette réforme mais ne lui a rien dit: ils doivent se reparler aujourd'hui. Mais même sur les autres points de la réforme qui intéresse la CFDT (les carrières longues, la pénibilité), François Chérèque est très inquiet: le "pire", à ses yeux, reste possible. Il ne croit pas, d'ailleurs, à l'histoire qu'on raconte depuis plusieurs jours: un tiraillement au sommet de l'Etat, François Fillon jouant les "monsieur +", en tentant de forcer la dose au maximum ("comme en 2003", insiste Chérèque) et l'Elysée, qui serait plus mesuré. Tout ça sert simplement, explique le patron de la CFDT, à faire croire que Nicolas Sarkozy sera moins "dur", à l'arrivée, que ce qu'il aurait pu être! Dans ces conditions, "pas question" de négocier quoique se soit, sur tel ou tel point précis de la réforme, avec le gouvernement: il l'a promis à ses troupes, à Tours. Tout l'enjeu de ce Congrès pour Chérèque (c'est, en tout cas, ce qu'on comprend entre les lignes), aura été, de maintenir coûte que coûte, sa ligne réformiste (en votant, notamment) le principe d'un allongement de la durée de cotisation), en contenant la "colère" de ses militants. Du coeur des entreprises jusque dans les rangs de son syndicat, François Chérèque le répète: il voit monter, gonfler, la radicalisation des salariés face au gouvernement. Le gouvernement aurait tranché: ce sera 63 ans! C'est la Tribune, qui prend ce risque ce matin. Il est le seul a annoncer que le gouvernement a tranché sur la question de l'âge légal de départ à la retraite. Pour le journal, c'est la ligne "dure" qui l'emporterait: le passage à 63 ans, sur un rythme rapide (4 mois supplémentaires par an, à partir de l'année prochaine). Ca donne: un âge légal à 62 ans en 2013. Et 63 ans en 2018. A 1 dollar 20, l'euro est, désormais, dans une position plus "normale" selon Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France. C'est un niveau, dit-il, qui facilite l'activité économique, les exportations et la compétitivité de l'Europe. Un chinois au Club Med. Fosun, le plus gros conglomérat chinois. Il prend 7% du capital. Pour le Club Med, l'objectif est d'accélérer son développement en Chine, où il souhaite multiplier les ouvertures de clubs haut de gamme.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.