Par Régis Lachaud

C'est un sujet hautement sensible pour les gouvernements : la fixation du taux de rémunération du livret A, le placement préféré des Français. Plus de neuf sur dix en ont un à leur nom, bébés compris. On en recense plus de 60 millions et, depuis des années, les gouvernements successifs ont cherché à dépolitiser ce taux du livret A, en mettant au point des formules d'indexation automatique sur un ou plusieurs indicateurs économiques. Actuellement, l'inflation et les taux d'intérêt à court terme sur les marchés financiers. Or, l'inflation a plutôt tendance à baisser. Moins 0,1% au mois de mai, selon l'indice des prix publié hier par l'INSEE. Ce qui nous ramène d'évidence à la question de l'évolution du taux du livret A dans les mois qui viennent... L'aspect politique de ce dossier provient de trois facteurs. D'abord, rien n'oblige un gouvernement à appliquer cette formule. Rappelez-vous, en février dernier, le gouvernement de François Fillon avait décidé de maintenir le taux à 2,25% alors que la formule indiquait plutôt un relèvement à 2,75. Deuxièmement, le nouveau gouvernement de Jean-Marc Ayrault vient, lui, de confirmer son intention de doubler le montant du plafond de ce livret A, fixé actuellement à 15300 euros. Cette mesure est très contestée puisqu'elle pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards d'euros aux placements d'assurance vie. En tout cas, une réforme du livret A est à l'étude actuellement (et elle concernera aussi son jumeau, le livret de développement durable qui doit devenir "livret d'épargne industrie"). Enfin, la troisième raison tient à la baisse des prix actuelle (essentiellement liée à la baisse des prix de l'énergie importée et, notamment, des produits pétroliers). Conséquence, si le taux d'inflation est encore négatif en juin, l'indexation sur les prix pourrait indiquer que le taux du livret A n'augmentera pas le 1er Aout prochain. Pire, le résultat de la formule pourrait donner une baisse du taux, de 2,25 à 2%. Mais le gouvernement aura de toute façon le choix, mi-juillet. L'appliquer, ou pas...

Le salaire annuel des patrons d'entreprises publiques sera plafonné à 450 000 euros. Soit 37 500 euros bruts par mois, primes comprises. Le gouvernement a précisé hier les contours de cette mesure hautement symbolique. D'ici un an, une vingtaine de mandataires sociaux verront baisser leurs rémunérations mais les cadres supérieurs salariés ne seront pas concernés par ce plafond de revenus.

Le Crédit Agricole recrute Xavier Musca. L'ancien secrétaire général de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy. Sauf avis contraire de la commission de déontologie, Xavier Musca deviendra directeur général délégué, en charge notamment du secteur banque de détail à l'international et, donc, de l'épineux dossier de la filiale grecque, la banque Emporicki.

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