C'est Jean-Claude Volot, un temps candidat à la présidence du Medef (avant de se rallier à Pierre Gattaz), qui a conclut, ainsi, notre conversation téléphonique, hier soir: "je suis sur un petit nuage. Monsieur Lefébure, s'il vous plait , dites bien à France Inter, demain matin, que c'est une "Dream Team" qui va prendre les commandes du Medef". Il n'était pas le seul patron hier, un peu grisé, ravi du joli "coup" réalisé, satisfait du dernier rebondissement de la campagne pour la présidence du Medef. A la surprise générale, Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi ont décidé de retirer leurs candidatures, et de rallier celle de Pierre Gattaz. Il n'y a plus de match: le 3 juillet prochain, le patron de Radiall, le fils de l'ancien "patron des patrons", Yvon Gattaz, va prendre les rênes du Medef, flanqués de ses 2 ex-concurrents, promis à devenir, chacun, vice-président délégué. "Ils sont complémentaires tous les 3" expliquait, hier, un membre du Comité exécutif: "Patrick est un excellent négociateur, connaît les syndicats, défend le dialogue social". "Pierre, lui, connaît bien l'entreprise, les patrons, la conquête des marchés à l'international". "Et Geoffroy... Geoffroy, et bien lui, il passe très bien à la télé". En fait, au Medef, on est surtout rassurés. Cette élection, qui avait si mal commencé, avec les petits calculs de Laurence Parisot cherchant à modifier les statuts de l'organisation, pour effectuer un 3ème mandat, une campagne sur le fil, ensuite, qu'on sentait pouvoir déraper à tout moment (les coups fourrés n'ont pas manqué), cette élection finit dans la "concorde" et "l'unité". "C'est une leçon donnée aux hommes politiques" pensent beaucoup de membres du Medef, qui craignaient jusqu'ici, et ne s'en cachaient pas, un scénario "comme à l'UMP". "Ceux qui espéraient du sang sur les murs en sont pour leur frais" lâchait, hier, un soutien de Pierre Gattaz. Cela dit, cette "leçon aux politiques" ne s'est pas faite sans petits calculs et grandes négociations. En début de semaine, c'est une alliance entre Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi, seule façon de battre Gattaz, qui s'annonçait. Tout était signé. Une interview, pour annoncer le nouveau "ticket" était même calée avec le Figaro. Elle a été annulée 20 minutes avant le rendez-vous fixé, raconte le journal ce matin. Parce que la fédération du BTP refusait de s'y soummettre. Parce que l'UIMM, la métallurgie, pour mieux renforcer son pouvoir, poussait, elle, pour obtenir une "solution à 3". Comme son ennemi juré, Denis Kessler, l'ancien n°2 d'Ernest-Antoine Seillière, qu'on soupçonne de "piloter" la candidature Gattaz. Bref, au final, les intérêts de chacun ont tous convergé vers cette solution unitaire. Ne restait plus qu'à la présenter comme une décision "imposée par la gravité de la situation, aujourd'hui, dans notre pays".

A leur santé. Chaque entreprise, à l'avenir, pourra choisir sa complémentaire santé. Décision du... Conseil Constitutionnel! En fait, hier, il a validé la quasi-intégralité de la réforme du marché du travail mais les Sages ont censuré, quand même, 1 article. Celui qui a avait provoqué une belle bataille, pendant les négociations entre partenaires sociaux, mais également pendant le débat parlementaire. Au nom de la "liberté d'entreprendre" et de la "liberté contractuelle", le Conseil Constitutionnel a rejeté l'article qui permettait aux branches professionnelles de désigner l'organisme chargé de gérer la complémentaire santé des salariés. Finalement, chaque entreprise pourra choisir: prévoyance, mutuelles ou assureurs privés.

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