"Enervé"? Non, c'est exagéré. "Agacé" plutôt. Michel Sapin était, un peu agacé, hier, par le traitement médiatique de la journée de consultations des partenaires sociaux à Matignon. "Non, la future réforme des retraites n'était pas, hier, le sujet principal de ces rencontres" jure le ministre du travail. "Evidemment, c'est un sujet important" mais on s'est surtout concentré, avec le patronat et les syndicats, "sur ce qui préoccupe le plus aujourd'hui: l'emploi", affirme Michel Sapin. "On a parlé, dit-il, par exemple, de la formation des chômeurs, des filières d'avenir. De la santé au travail également. Tous ces sujets figureront sur la "feuille de route" qui sortira de la Conférence sociale du mois prochain. "Et puis, poursuit le ministre, on aussi dressé le bilan de la première Conférence, parlé de la "démocratie sociale", insiste Michel Sapin. On s'arrête alors sur ce point parce, c'était précisément pour ça qu'on appelait le ministre. Aujourd'hui, au Sénat, devrait, en effet, être adopté, définitivement, la réforme du marché du travail. Son sort est, entre les mains des senateurs UMP et centristes (qui peuvent encore provoquer une nouvelle lecture du texte) mais le ministre ne semble pas très inquiet et son adoption devrait marquer, effectivement, la concrétisation d'une promesse de la Gauche revenue au pouvoir: la priorité laissée au dialogue social. La Loi va retranscrire, en effet, fidèlement l'Accord signé en janvier dernier par le patronat et 3 syndicats. Pour Michel Sapin, les 2 objectifs de l'opération ont été atteint. D'abord, l'équilibre de l'Accord a été respecté ("j'en ai rougi, dit-il, mais les 6 organisations signataires, patronales et syndicales, ont toutes, hier à Matignon, salué cette réussite", affirme Michel Sapin). Et 2ème objectif atteint, selon lui: députés et sénateurs ont gardé, malgré cela, une marge de manoeuvre pour "compléter, préciser, modifier "le texte. "Quelque chose comme 500 amendements ont été adoptés au total, compte le ministre. "Il n'y a pas eu de photocopiage mais un vrai travail parlementaire". C'est le cas de la "clause de désignation" selon le ministre. Qui ne prend pas l'exemple au hasard: ce point est extrêmement sensible, les courtiers en assurance sont dans la rue aujourd'hui encore contre cette disposition, qui laisse aux branches professionnelles la possibilité de désigner l'entreprise qui gèrera la future complémentaire santé. "L'Accord patronat-syndicat disait tout et son contraire. On a, donc, dû préciser les choses" conclut Michel Sapin qui confirme: dans cette histoire, la méthode était presque aussi importante que le contenu.

Exception. 13 pays européens rejoignent la France pour défendre "l'exception culturelle". Timing parfait: au lendemain de la remise du rapport Lescure sur l'adaptation de l'exception culturelle française à la révolution numérique, le ministère de la Culture obtient, ce matin, le soutien de 13 pays, dont l'Allemagne, l'Espagne ou l'Italie, dans les négociations sur un nouvel Accor de libre-échange commercial entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Dans une lettre commune, les ministres de la Culture, de ces 14 pays donc (emmenés par la France), demandent que le secteur audivisuel soit exclu des négociations à venir. En visite à Washington hier, David Cameron a clairement souhaité, lui, l'inverse: "tout doit être sur la table" a dit le Premier ministre britannique.Exceptionnel. Les bénéfices trimestriels d'EADS, la maison-mère d'Airbus, publiés ce matin. 241 millions d'euros, de janvier à mars. Une hausse de 91%!

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