Bruce de Galzain.

"Chez nous la pelouse est l'actif n°1, c'est un organisme vivant qui va à son rythme, chez nos amis britanniques c'est déjà au centre de tout". On a senti la coordinatrice du réseau Vinci Stadium presqu'habitée lorsqu'elle nous a parlé de la pelouse du nouveau stade de Bordeaux qui sera inauguré la semaine prochaine ! Une pelouse au cœur d'une forêt des landes : un stade carré parsemé de poteaux blanc comme autant d'arbres de cette forêt... une pelouse hybride avec du gazon naturel planté dans un substrat synthétique qui permettra d'accueillir du football (le club des Girondins de Bordeaux) et du rugby ! Dans ce stade, comme chez les Anglais, on est très proche des joueurs, la visibilité est maximum. En revanche pour ce qui est du financement les Anglais ont une longueur d'avance, ce sont les clubs qui financent. Ici c'est un partenariat public-privé sur 30 ans entre la Ville et la société SBA Stade Bordeaux-Atlantique, une filiale de Vinci et Fayat. "C'est un modèle que l'on met en place donc on affine" avoue le directeur général de SBA qui garantit chaque année 4 millions et demi d'euros pour la ville de Bordeaux en dehors de la vingtaine de matchs des Girondins. Alors pour boucler le budget il faudra faire venir un peu de rugby, des événements sportifs, culturels, des concerts comme au Stade de France mais Bordeaux n'est pas le Stade de France avance un élu local ; il y a aussi les séminaires d'entreprises et surtout le "naming". SBA se bat pour obtenir une marque mais ce n'est pas dans notre culture avance l'opérateur privé. Dur, dur d'obtenir un partenaire commercial et notamment avant l'Euro 2016 car pendant 2 mois et demi l'UEFA interdit tout sponsor autre que les siens. "Cela refroidit les éventuels candidats" dit-on chez Vinci. Alors on est prêt à faire un effort : à l'origine le contrat prévoit que le "namer" avance 4 millions d'euros par an pendant 10 ans, ce sera peut-être moins et sur une plus courte période. En tous cas c'est essentiel pour faire vivre le stade. Mais ce n'est pas gage de réussite. Au Mans par exemple où a été signé le 1er contrat de naming en France - le stade s'appelle MMARENA - eh bien le club de foot a été relégué en division d'honneur ; une catastrophe pour la ville qui doit payer les loyers à la place du club ! A Bordeaux cet alea sportif est réglé, M6 propriétaire des Girondins garantit le loyer quels que soient les résultats du club !

Martinez à Cannes ce weekend. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT qui a cofondé le Festival en 1946, est invité par son président Pierre Lescure ; il participera à un colloque avec la ministre de la Culture, rencontrera des salariés mais aussi des cheminots cinéphiles qui décernent les "Rails d'or"...

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