"Je suis celui qui sait". Ce n'est pas le nouveau Pape qui parle ainsi, mais... Michel Sapin, le ministre du Travail. "Je suis celui qui sait", c'est la petite phase qu'il a lâché, mardi, devant ses amis du groupe socialiste, de l'Assemblée nationale. "Je suis celui qui sait", c'est, pour Michel Sapin, la façon de s'imposer comme le gardien de l'équilibre du projet de Loi qui va agiter le Parlement, et surtout les Socialistes, dans les semaines qui viennent: celui sur la sécurisation de l'emploi. C'est ce texte qui doit transformer en Loi, l'Accord sur la réforme du marché du travail, signé en janvier, par le patronat, et 3 syndicats. L'opération est délicate: l'Accord, signé par les partenaires sociaux, ne doit pas être profondément modifié, sinon ce serait un reniement du dialogue social et le gel assuré, pour un bon moment, de toute négociation nouvelle mais, en même temps, on ne peut pas retirer aux députés, et aux sénateurs, leur droit fondamental d'amender le texte. D'où cette demande du ministe à ses amis: "faites-moi confiance, "je suis celui qui sait... jusqu'où ne pas aller trop loin. Pour tous les textes, à vrai dire, c'est un peu comme ça mais là c'est plus difficile encore parce que face à un Accord technique, compliqué, défendu par 3 syndicats mais contesté par 2 autres, les élus socialistes sont partagés. Et les auditions menées (300 heures, déjà!) ne leur ont pas permis de trancher. Signataires de l'Accord et non-signataires défilent mais voilà, reconnaît un député, "tous sincères, tous convaincants, ils nous livrent des lectures totalement divergentes du texte!". C'est le cas, par exemple, de la mobilité géographique qui sera demandée, ou imposée, aux salariés, à l'avenir. "La négociation permetrra de mieux les protéger", pense la CFDT. Pour la CGT et Force Ouvière: "c'est la fin la garantie du lieu de travail pour tous". Le rapporteur socialiste du texte, Jean-Marc Germain (un proche de Martine Aubry) est, donc, à la recherche d'une synthèse "socialiste". Il a développé cette double méthode. Quand un point est vraiment très discuté, par exemple, sur les effets de la taxation des CDD, il va proposer un "droit de suite". Un bilan, au bout d'un an, qui dira qui avait raison, et imposera, alors, des modifications. Pour le reste, il va, dit-il, travailler dans les "trous de la raquette", c'est-à-dire améliorer chaque détail de l'Accord qui peut l'être. Michel Sapin, en traduisant l'Accord en projet de Loi a, déjà modifié certains points du projet, et non des moindres comme l'homologation des licenciements, par l'administration. Les députés socialistes veulent croire, du coup, qu'il reste, aussi, un espace pour eux.

Addition... divisions. Les Européens se divisent sur la Taxe sur les Transactions Financières. Onze pays de l'Union européenne ont décidé de la mettre, dans le cadre de ce qu'on appelle une "coopération renforcée". C'est un grand pas mais, maintenant, c'est sur l'utilisation des futures recettes de cette Taxe sur les Transactions Financières, que les débats portent. La France a promis d'en affecter une partie à l'aide au développement, dans l'esprit de la taxe Tobin, mais, selon le ministre français du Développement, Pascal Canfin, certains pays européens rechignent. Et la France, aujourd'hui, est en minorité sur cette question.Records. Wall Street toujours au plus haut. Et même "de plus en plus haut". La bourse de New York a signé, hier soir, son 7ème record historique d'affilée.

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