En pleine tourmente fiscale... sur l'écotaxe, la TVA... bref, le "raz-le-bol fiscal" bien repéré par Pierre Moscovici, à la rentrée, voilà une question quelque peu embarrassante pour le gouvernement. C'est Gilles Carrez, le président UMP de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, qui l'a posé, hier, aux ministres, Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, venus présenter à ladite Commission, ce qu'on appelle le collectif budgétaire, la Loi de Finances rectificative, qui vient avant de la fin l'année, ajuster les comptes de la France. C'est un texte "souvent d'un intérêt limité, un véhicule législatif sans fil rouge qui additionne les mesures techniques". Ce n'est pas moi qui le dit mais Pierre Moscovici, lui-même, dans son propos introductif hier. Ce n'est pas très engageant mais c'était évidemment pour dire que celui qu'il présentait, était tout autre. Un point a, donc, focalisé une partie des débats, ensuite: c'est le "constat d'alarme" dressé par Gilles Carrez, qui s'est, une nouvelle fois, inquiété d'un phénomène "inédit" selon lui: l'érosion des recettes fiscales, au titre de l'impôt sur le revenu. Par rapport, à la prévision initiale, il manque un peu plus 3 milliards d'euros. Un chiffre confirmé par le ministre du budget, mais pas l'interprétation qu'en livre le député UMP. Pour Gilles Carrez, c'est le signe d'une "saturation fiscale". Selon lui, les contribuables ont modifié leurs comportements face à la hausse des impôts. Ce qui, au final, a réduit la base fiscale taxable, et donc diminué les recettes. Dit autrement "trop d'impôt, tue l'impôt". Gilles Carrez estime que les contribuables ont pu refuser d'investir, ou d'avoir des recettes supplémentaires, pour les professions libérales. Bref, ils sont découragés. Il y a eu aussi, selon lui, des délocalisations d'entreprises ou de particuliers. Et bien-sûr, le recours au travail au noir a pu être amplifié. "Si le gouvernement ne prend pas en compte ces phénomènes, conclut Gilles Carrez, nous allons vers de très grandes difficultés". Le ministre du budget, sans surprise, n'épouse pas cette thèse. Pour Bernard Cazeneuve, la perte de recettes d'impôt sur le revenu (par rapport aux prévisions, et non d'une année sur l'autre) s'explique simplement, par le fait que la croissance économique a été plus faible que prévue. Voilà tout. Reste que d'habitude, en pareil cas, seules les rentrées de TVA et d'impôts sur les sociétés souffrent. Pas les recettes d'impôt sur le revenu. Il y a bien là, un "mystère". Le ministre promet toute la transparence sur les chiffres, quand le budget 2013 sera définitivement bouclé, pour analyser le phénomène.

Négatif . La croissance a été négative, cet été. L'INSEE a publié, il y quelques instants, sa première estimation pour le 3ème trimestre. C'est -0,1%. On s'attendait à zéro, on peut dire qu'on est dans l'épaisseur du trait. La production a rechuté, après un bon 2ème trimestre. La consommation des ménages ralentit.Tous à Lyon! Les Français s'intéressent à l'économie, mais estiment leur niveau de connaissance, en la matière, plutôt faible. C'est le résultat d'un sondage, commandé par la Banque de France, à l'occasion de Journées de l'Economie, qui commencent, aujourd'hui. 3 jours de débats, à Lyon. C'est la 6ème édition. Si on en revient au sondage: 55% des personnes interrogées se disent intéressées par l'économie. Mais, 28% estiment que leur niveau de connaissance est faible, voire très faible. Elles perçoivent, une chose, cela dit: pour une majorité (55%), l'économie de marché -le jeu de l'offre et de la demande- "fonctionne mal".

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