C'est l'une des grandes fiertés de Nicolas Sarkozy. L'une de ses décisions qu'il met en avant quand il vante son action face à la crise. Il explique (et c'est vrai) que plusieurs pays ont repris son idée: la création- c'était en pleine tempête financière- du poste de "médiateur du crédit aux entreprises". Fin 2008, il y avait urgence: les petites et moyennes entreprises hurlaient à la mort, en affirmant que les banques, très inquiètes, apeurées, ne leur prêtaient plus un seul euro: ni pour investir, ni pour financer leur trésorerie. Un "carnage" s'annonçait, donc, parmi les PME. Le poste de Médiateur était créé. Il était chargé d'aller mettre le nez dans tous les dossiers, refusés par les banques. Dans une heure, à Bercy, le Médiateur du crédit va dresser un nouveau bilan de son action. Il est plutôt positif: en 2 ans, le Médiateur a permis à plus de 12 mille entreprises de surmonter le refus initial de leur banquier. Taux de réussite: 63%! 220 mille emplois ont été, ainsi, sauvés, ou confortés. Gérard Rameix, le médiateur du crédit, en est convaincu: son action a payé... sans mettre en danger les banques puisque les faillites des entreprises qu'il a défendu, n'ont pas été plus nombreuses que la moyenne. D'où vient, alors, cette étrange impression quand on lit (avant tous les autres, ce matin) ce Rapport? Eh bien, sûrement, de cette "autojustification", de cette "autodéfense" qui saute aux yeux, ligne après ligne: "non", semble dire le Médiateur, son travail n'est pas terminé". Certes, les entreprises qui le saisissent aujourd'hui sont bien moins nombreuses qu'il y a 1 an, mais 800 nouveaux dossiers arrivent, encore, chaque mois sur son bureau. Et trop de petits patrons affirment encore renoncer à investir. Faute de crédit. Mais, voilà, depuis quelques temps, les banques -qui n'ont pas beaucoup apprécié cette ingérence dans leurs affaires-... les banques attaquent: avec le retour de la croissance, disent-elles, le Médiateur est devenu "inutile". Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale l'a dit, aussi clairement que ça, lors d'une réunion à Bercy, avant l'été. Une nouvelle réunion est organisée demain. Au même endroit. A la CGPME (où on défend les petits patrons), on s'inquiète d'y aller pour s'entendre dire que le Médiateur du crédit a, effectivement, terminé sa mission. "Nicolas Sarkozy, en juin dernier, nous a promis de prolonger son mandat. Mais il n'a, évidemment, jamais fixé de date de fin". Kerviel-Société Générale, suite. L'information a fait "polémique", le week-end dernier, cette remise d'impôts accordée à la Société Générale, après l'affaire Kerviel. Plus d'un milliard d'euros. La Tribune, ce matin, rappelle que la banque était dans son bon droit, en réclamant cette "ristourne". En revanche, selon le journal, Bercy aurait pu, aurait dû, la lui refuser. Une décision du Conseil d'Etat, datant de 2007, précise, en effet, qu'une entreprise, qui veut déduire de ses résultats le montant d'une perte financière résultant d'une fraude, ne peut le faire que s'il est prouvé qu'elle n'a pas failli, elle même. Or, la Commission bancaire a, sanctionné la Société Générale, dans l'affaire Kerviel: un blâme et une amende, pour, précisément, les carences "graves" de son système de contrôle interne. Le luxe va bien. Merci. LVMH annonce, ce matin, des ventes en hausse, au 3ème trimestre. Un bond de plus de 23%.

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