La dernière fois qu'on l'a vu, c'était en mars. On ne l'a pas oublié: une dizaine de minutes de contrition télévisée, pour mettre fin à la calamiteuse affaire des vrais-faux espions. Carlos Ghosn, patron de Renault, s'était excusé, promettait "répération" aux cadres injustement mis en cause. Il annonçait une refonte de son organisation, pour éviter un nouveau fiasco de ce genre. A l'époque, tout le monde n'avait pas été convaincu. L'Etat-actionnaire, notamment. Des ministres, à Bercy, n'hésitaient pas à parler de "mise sous surveillance" du grand patron. Parfois son remplacement était même évoqué. Ou à l'inverse, on prédisait une placardisation rapide: Ghosn, promis à devenir une sorte de "Reine d'Angeleterre", la conduite, le vrai pouvoir étant confié à son nouveau n°2, Carlos Tavarés. On s'est trompé. Ou les choses ont changé. En tout cas, aujourd'hui, Carlos Ghosn est de retour. Tout à l'heure, au siège du groupe à Boulogne-Billancourt, le patron de Renault va procéder à toute une série de nominations dans son état-major, changement de têtes, d'attributions et d'organigramme, avec un but affiché: reprendre le volant! "Il n'y a qu'un patron, chez Renault et c'est moi" a expliqué, la semaine dernière, Carlos Ghosn. "C'est moi, tant que les actionnaires m'accorderont leur confiance". Son entourage minimise l'effet: "Ghosn met simplement, aujourd'hui, en place la nouvelle organisation qu'il avait promise". Une organisation plus pyramidale, avec tout en haut un Carlos Ghosn qui affirme passer, désormais, plus de temps en France que chez Nissan, au Japon. C'est donc "machine arrière toute", avec un perdant, Carlos Tavarés. Le nouveau directeur général délégué aura, ce soir, moins de pouvoir que ce matin. Moins de pouvoirs que son prédécesseur. Un aveu d'échec? En interne, on attend surtout de cette nouvelle organisation, des éclaircissements sur la stratégie: la place de la voiture électrique, notamment. On se dit encore que si Carlos Ghosn a décidé de passer plus de temps, chez Renault, c'est que c'est là, avec le retour de la crise, que les prochains mois seront les plus difficiles.

France/Grèce. La France accepte l'idée d'une "faillite organisée" de la Grèce. Paris s'y est résigné. Bercy défend l'idée, désormais, d'un "défaut sélectif", c'est-à-dire l'effacement organisé, encadré, de 40, peut-être 50% de la dette grecque. La question doit être discutée, ce soir et demain, à l'occasion d'un G20-Finances, organisé à Paris. Alors qu'hier, la Slovaquie a, enfin, validé le renforcement du FESF, le Fonds de secours européen, le gouvernement français propose de le transformer en banque, pour démultiplier ses moyens. L'Allemagne et la Banque Centrale Européenne sont contre.France/Espagne. Hier, Standard & Poor's a dégradé la note de l'Espagne. L'agence de notation s'inquiète pour la croissance espagnole et l'état de son système financier. Une autre agence, Fitch, pour sa part, vient de placer plusieurs grandes banques sous surveillance négative, c'est-à-dire sous la menace d'une dégradation. En France, le Crédit Agricole, BNP Paribas et le Crédit Mutuel sont visées.

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