C'est une passe d'armes assez classique pour un dimanche. Sur la forme, en tout cas, un enchaînement bien connu: le matin, une déclaration dans le JDD et, dans la journée, dans l'une des émission politique du dimanche: une réponse cinglante. Le ping pong des petites phrases. Hier, au lever, dans le JDD donc, interview de Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie. "L'économie française va mieux incontestablement", dit-il, "tous les indicateurs sont bien orientés". Un peu plus tard, sur Radio J, commentaire de l'invité du jour, Bruno Le Maire, ancien ministre, député UMP: ce sont des propos "stupéfiants". "Ils montrent, lâche Bruno Le Maire, que "le ministre est complètement déconnecté des réalités, et sourd aux difficultés des Français". Evidemment, Bruno Le Maire fait comme si il n'a pas lu jusqu'au bout l'interview (précisément, Pierre Moscovici regrette la "défiance" qui subsiste dans le pays. Et un sondage, ce matin, confirme d'ailleurs le pessimisme des Français. Les 2 tiers des personnes interrogées estiment qu'il n'y a pas d'amélioration visible de l'économie française). Mais Bruno Le Maire, surtout, fait celui qui ne comprend pas (alors qu'en son temps, il a tout fait pour avoir ce poste, à Bercy) pourquoi Pierre Moscovici surjoue, ainsi, la petite musique de la reprise. N'importe qui d'autre, à sa place à Bercy, et dans le contexte actuel ferait pareil: c'est la bonne vieille "méthode Coué", que les économistes, pour faire plus sérieux, ont parfois rebaptisée la "prophétie auto-réalisatrice". Le but, dès le premier petit signe positif, est bien d'essayer de convaincre, et de se convaincre, que tout va mieux, pour les acteurs économiques changent leurs anticipations. Pour que les ménages recommencent à consommer. Et que les entreprises recommencent à investir. Récemment, l'économiste en chef du FMI a rappelé tout l'intérêt de cette méthode: "les gens ont tort, a expliqué le Français Olivier Blanchard, de critiquer la méthode Coué, car si on redonne de l'optimisme, la croissance est renforcée. "C'est là, l'art du politique" poursuit l'économiste qui met une condition, cela dit, pour cette opération réussisse: que les acteurs ne ressentent pas une trop forte incertitude sur la politique menée. C'est là, pourrait-on dire que le bât blesse: on voit bien les atermoiements autour du projet de budget pour l'année prochaine. Mais, cela dit, c'est aussi à cette aune qu'il faut comprendre tous les efforts, aujourd'hui, du gouvernement en direction des patrons. Ils n'ont qu'un seul but: leur redonner envie d'investir.

Blocage. La semaine commence avec la poursuite du "blocage budgétaire" aux Etats-Unis. C'est désormais, au Sénat à Washington, que les négociations se poursuivent entre Républicains et Démocrates. Il reste 4 jours avant la date fixée par le Trésor. Jeudi, faute d'un relèvement du plafond de la dette, les Etats-Unis seront en situation (au moins virtuelle) de défaut de paiement. Pendant le week-end, les Sénateurs américains ont négocié: pas de résultat à ce stade mais des discussions présentées comme "constructives". Barack Obama refuse, en tout cas, une solution temporaire: il souhaite un Accord budgétaire global, incluant la réouverture totale de l'Etat fédéral américain.Stagiaires. Selon les Echos, ce matin, le gouvernement s'apprête à encadrer plus strictement les stages en entreprises. Une proposition de Loi pourrait être présentée, le mois prochain, au Parlement, pour lutter contre les abus. L'idée serait, notamment, de fixer un seuil maximal de stagiaires par entreprise.

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