"On a très vite compris que Ségolène Royal était de notre côté. Elle était d'accord avec nous, sur... tout". C'est l'un des représentants des transporteurs routiers qui raconte, ainsi, encore un peu halluciné, la réunion de jeudi dernier, au ministère de l'Ecologie. Cette réunion qui s'est soldée par l'abandon définitif de l'écotaxe. "Sur les difficultés de notre secteur, la compléxité du dispostif, "sur tous ces points, la ministre s'est montré compréhensive", poursuit-il, "on a vite deviné qu'elle était là pour enterrer l'écotaxe!". Un autre témoin de la réunion raconte comment Ségolène Royal a pris en main cette réunion, allant jusqu'à corriger elle-même, sur l'ipad de l'un de ses collaborateurs, les termes du communiqué. Tout le monde se met d'accord sur "suspension sine die". Pour les routiers, ça évite le mot "report", déjà utilisé fin 2013. Pour la ministre, ça évite, dans l'immédiat, de reconnaître un abandon définitif. On choisit, aussi, d'écrire "écotaxe" plutôt que "péage de transit poids lourds", pourtant bien le nom du dispostif: les routiers préfèrent, et pour Ségolène Royal, ça évite de souligner que c'est son propre dispositif, celui qu'elle a mis en place avant l'été, qui est ainsi décrêté inapplicable. La ministre -très maîtresse d'école", commente un participant- conclut: "je vais sortir, lire le communiqué à la presse. Vous allez dire que vous êtes d'accord". Au cours de la réunion, c'est évidemment sur les "autoroutes" que l'une, et les autres ont tapé: Ségolène Royal redit son idée de récupérer une partie des "surper-profits" des sociétés concessionnaires, pour financer les infrastructures. Hier, les réunions, à Bercy, à Matignon, à l'Elysée se sont multipliées pour trouver le moyen d'y arriver. Une rencontre avec les patrons des autoroutes, non inscrite à l'agenda officiel de Manuel Valls, est prévue, ce matin. L'exécutif pousse sa solution de compromis: demander aux autoroutes de contribuer au financement de travaux, sur le réseau... routier. Mais pour combler, en 2015, le manque à gagner de l'abandon de l'écotaxe -250 millions d'euros-, c'est plus sûrement les routiers qui paieront. Dans le compromis passé avec la ministre, au cours de la réunion de jeudi dernier, ils ont accepté de "participer à des solutions de financement". L'idée d'augmenter, pour eux aussi, les taxes sur le gazole, alors que dans le projet initial de budget, ils en sont exonérés, est très sérieusement à l'étude.

Fin. Xavier Niel met fin à son "aventure américaine". Iliad, la maison-mère de Free, qu'il préside, l'a annoncé hier soir: elle renonce au rachat de T-mobile US, l'un des 4 opérateurs américains de téléphonie mobile. L'annonce de ce projet, cet été, avait fait salué, unanimement, sur le thème du "petit frenchie à la conquête de l'Amérique". C'est raté: l'offre du français a été rejetée. Free l'avait, pourtant, améliorée récemment, trouvé des partenaires (2 fonds d'investissements importants), et mis 18 milliards de dollars sur la table. Cette nouvelle offre a été jugée encore insuffisante, semble-t-il.

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