Comme on s'y attendait, Moody's dégrade, ce matin, la note de deux banques françaises. La Société Générale et le Crédit Agricole. Moody's abaisse leur note d'un cran. L'agence les avait placées sous surveillance depuis trois mois. Moody's précise que la réévaluation de ces notes tient compte de l'aide que pourrait leur fournir les pouvoirs publics, en cas de crise grave. BNP Paribas échappe à la sanction. Mais la banque annonce, également, ce matin, des mesures pour calmer les marchés, notamment une réduction de ses besoins de liquidités en dollars. La bourse devrait accuser le coup, ce matin. Hier, elle avait rebondit avec l'annonce de la tenue d'un téléconférence, ce soir, entre Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, et le Premier ministre grec Georges Papandréou. Hier, la Chancelière allemande a affirmé que la priorité absolue reste d'éviter un défaut de paiement "incontrôlé" (dit-elle) de la Grèce.Les banques françaises sont, donc, dégradées, ce matin. En tous cas deux d'entre elles, mais cette nouvelle, il n'est pas sûr, ce matin, qu'elle mette fin à l'incroyable division que suscite cette question, pourtant toute simple : comment vont les banques françaises, aujourd'hui? Economistes, politiques et commentateurs se partagent en deux camps. A la bourse, elles sont massacrées. Ce matin, Moody's les dégrade, mais économiquement, financièrement, structurellement, dans quel état sont réellement BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole? Evidemment, si vous leur posez la question, elles vous répondent: "tout va bien". "Tout fonctionne, il n'y a pas de soucis" disait encore hier Frédéric Oudéa, le patron de la Générale. Sa dégradation par Moody's, ce matin, n'est qu'un alignement sur les notes des deux autres grandes agences de notation, expliquera, sans doute, son service de communication aujourd'hui. Cette annonce a d'ailleurs été largement anticipée sur les marchés. A BNP Paribas aussi, on redit sur tous les tons que "tout va bien". La banque de Michel Pébereau a vécu une incroyable journée, hier, à la bourse : -11% le matin, pour finir à +7, mais c'est une rumeur... une information "infondée" qui a créé la panique. L'oeuvre de spéculateurs certainement. Ou l'oeuvre de "complotistes" même. Américains, sans doute, qui ont décidé d'attaquer l'euro (qui fait de l'ombre au dollar). C'est une thèse qu'il n'est pas rare d'entendre, en ce moment, dans le milieu bancaire et financier français, relayée publiquement par la patronne du Medef, Laurence Parisot, il y a quelques jours. Un élu UMP, hier soir, expliquait que certains (comprendre : des fonds spéculatifs), en pariant sur la sortie de la Grèce de l'euro, et la division de l'Europe allaient se mettre des "milliards dans les poches"... Les banques, victimes de la bourse? Tout le monde ne résume pas la situation à ce simple raccourci. On pense à Christine Lagarde, au FMI, qui depuis pluieurs jours répète que les banques européennes doivent se recapitaliser. Elle l'a redit, cette nuit. Des économistes soulignent, également, l'exposition grecque de la Société générale et du Crédit agricole. Le risque "italien" de la BNP. Aux Etats-Unis, où il n'y a pas que des comploteurs, on se demande si les banques françaises ont suffisamment de liquidités en dollars pour passer ce moment délicat. Officiellement, aucun plan de secours n'est en préparation en France. Mais certains pensent qu'une entrée de l'Etat dans leur capital ne serait pas une mauvaise idée. Ce matin, il faut choisir son camp.

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