Laurence Parisot le jure: ce n'est qu'hier matin qu'elle a découvert l'existence de ce sondage. La présidente du Médef -tout le monde ne le sait peut-être pas- est aussi la vice-présidente de l'IFOP, l'institut de sondage. Hier, ses 2 casquettes se sont confondues. Alors qu'elle recevait à déjeuner quelques journalistes, pour expliquer dans quel état d'esprit le Medef participera à la Conférence environnementale (d'aujourd'hui et demain), le journal Le Monde publiait un sondage -IFOP, donc- sur les Français et les gaz de schiste. De prime abord, -le titre du Monde est sans ambiguïté-, cette enquête d'opinion n'est pas du tout favorable à l'organisation patronale. 74% des personnes interrogées se disent opposés à l'exploitation des gaz de schiste en France. Que les sondés soient de droite ou de gauche, le résultat est le même: c'est un refus catégorique. Presque tous craignent les risques pour l'environnement: l'utilisation trop importante d'eau, la pollution des nappes phréatiques. 86% estiment que l'exploitation des gaz de schiste est une "technique qu'on maîtrise mal". Fermez le ban. Laurence Parisot ne peut qu'en prendre acte. Mais dénonce, au passage, le film "Gazland" qui a "trop" marqué les esprits, selon elle. "Ah, cette fameuse scène où on voit le robinet d'une cuisine américaine cracher du feu, parce que, non loin, on exploite des gaz des schiste. "Si j'avais du temps, j'aimerais bien aller vérifier ce robinet" lâche Laurence Parisot. Qui n'a pas, cela dit, à se plaindre totalement du sondage (mené par son institut) parce qu'il montre que si les Français sont opposés à l'exploitation des gaz de schistes, ils sont beaucoup plus partagés sur l'idée de mener des forages de recherche scientiques à but expérimental: on est presque à 50/50 sur cette question. Ca tombe très bien, parce c'est exactement la position du Medef: "ne fermez pas la porte aux gaz de schiste" disent les patrons français. "Aux Etats-Unis, ils créent des emplois, ils réduisent les coûts énergétiques, ils redonnent de la compétitivité". Le patronat français réclame un vrai débat, entre scientifiques. Une mise à plat technique et économique pour dire si oui ou non, on pourrait, un jour, exploiter ces gaz dits non-conventionnels, sans polluer. Et Laurence Parisot de conclure: on est allé trop loin avec le principe de précaution. Jusqu'à ne plus vouloir, du tout, donner la parole aux scientifiques". Ce qu'un grand patron a, un jour, résumé en parlant de "déni scientifique, qui ressemble à la position de la religion catholique... contre Galilée".

Fâcherie. Alors que tout allait bien jusqu'ici, le projet des "emplois d'avenir" fâchent les syndicats. Les emplois d'avenir, ce sont ces emplois, subventionnés par l'Etat, et qui vont être proposés aux collectivités locales et aux associations. Il y a en aura, peut-être 100 mille, dès l'année prochaine. Les syndicats y sont favorables, mais hier, certains se sont indignés d'un amendement, introduit par le gouvernement, lors de l'examen du texte à l'Assemblée. Il élargit le dispositif aux jeunes en "CDD saisonniers". Force ouvière et la CFDT dénoncent ce coup de pouce accordé à l'une des formes les plus précaires du travail. Ils demandent la suppression de l'amendement.Bazooka. Après la BCE en Europe... la FED, aux Etats-Unis, déploie les grands moyens contre la crise. La banque centrale américaine a annoncé, hier soir, qu'elle va injecter jusqu'à 40 milliards de dollars par mois, dans l'économie. Ce nouveau programme d'assouplissement monétaire durera "tant que la situation de l'emploi ne s'améliorera pas", prévient la FED.

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