Tout comme François Hollande, Manuel Valls ne choisit pas. Hier, le Premier ministre, s'exprimant devant les maires d'Ile-de-France, a apporté son soutien, à la fois à la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024, et à l'Exposition universelle, à peu près au même endroit, et à peu près au même moment (en 2025). Dans la bouche de Manuel Valls, ça donne: "ces 2 événements internationaux sont une chance (...), et le Grand Paris est en capacité de les accueillir". En coulisse, c'est tout l'inverse. Pas grand monde n'y croit. "Il va bien falloir choisir" disent les partisans de l'un et de l'autre projet. "Courir 2 lièvres à la fois, ce n'est pas bon, ça affaiblit les 2 candidatures". Et puis, "on n'aura pas jamais l'argent" pour organiser ces 2 événements, à quelques mois d'intervalle seulement. Le maire de Neuilly, à l'origine du projet d'Exposition Universelle, le reconnaît lui-même: "c'est, en fait, une demi-finale, qui vient de commencer. Un match entre les 2 projets, qui va durer 6 mois/1 an mais, à la fin il ne restera bien qu'une seule candidature française. Et Jean-Christophe Fromantin espère bien que ce sera son projet d'Expo qui l'emportera. Il note d'ailleurs avec satisfaction l'engagement de l'Etat, qui vient de désigner Pascal Lamy pour piloter le projet. L'ancien patron de l'OMC, souvent annoncé à un poste de ministre va devoir se contenter de ça mais, c'est une pointure, "c'est autre chose qu'un obscur préfet: c'est un atout, et un signal fort". En face, c'est Bernard Lapasset qui a été choisi pour porter les JO. "Un atout, un signal fort", là aussi. Le match -c'est clair- a commencé. A coup de sondages, d'abord. Dimanche, le journal "Le Parisien" titrait "les Français sont favorables à l'organisation des JO. A 61%". Dans le camp des supporters de l'Exposition Universelle, on a bien rigolé: parce que dans la même enquête, à la question "préférez-vous que Paris organise les Jeux ou l'Expo", c'est l'Exposition univserselle qui l'emporte. Et largement! L'opacité du mode de désignation au sein du CIO, le coût de l'organisation des Jeux (qui forcément dérapera: "on ne connaît pas de "JO low cost"): en privé, les pro-Expo s'en donnent à coeur-joie, et assurent que les Français pensent comme eux, et rejetteront les Jeux Olympiques. Dans l'autre camp, on moque un projet d'Exposition universelle éclaté sur plusieurs sites, on loue les infrastuctures qui survivront aux épreuves sportives. Le match, oui, a vraiment, bel et bien, commencé.

La vague des plans sociaux continue. Et certains parlent d'une vague post-électorale. On aurait retenu ces annonces douloureuses pour l'après-départementales. Il ne s'agit, peut-être et tout simplement, que d'une malheureuse coïncidence. En tout cas, après MoryGlobal, le transporteur Gefco a annoncé, hier, 500 suppressions de postes. En début de semaine, Euronext, la société de gestion de bourse, révélait un projet de restructuration, supprimant une centaine d'emplois. Aujourd'hui, c'est le groupe textile Dim devrait annoncer un Plan social, et la suppression de 400 postes.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.