La crise des subprimes et ce scandale Madoff n'ont pas grand chose en commun, au premier abord : quel rapport peut-il y avoir entre un système de crédits hypothécaires qui a totalement failli et une énorme escroquerie, chiffrée à ce stade à 50 milliards de dollars, et qui depuis vendredi, secoue la planète financière tout entière, jusqu'à la BNP-Paribas ! Un rapport existe pourtant bel et bien : c'est l'appât du gain, et surtout la croyance qu'on peut gagner 10, 15, 20% de rendement financier, sans courir aucun risque ! C'est cette "martingale" que certains ont cru trouver avec les subprimes, mixés dans des produits financiers complexes. C'est encore qu'ont cru toucher du doigt les "happy few" (parce que seuls les plus riches pouvaient investir), les "heureux élus" qui ont pu confier leur fortune à Bernard Madoff. C'est d'ailleurs l'un des ressorts de cette escroquerie, imaginée par cet ancien patron du Nasdaq, connu, respecté : il sélectionnait ceux qui pouvaient lui confier leur argent - ça crédibilisait son affaire, et ça évitait ensuite à ceux qui y participaient de poser trop de questions, par peur d'être éjectés. Bref, il régnait une sorte de "mystère", autour de son Fonds spéculatif qui fonctionnait pourtant selon une méthode frauduleuse bien connue : la "méthode, le schéma ou la pyramide" dit de Ponzi (un italo-américain auteur d'un "coup" identique dans les années 20). Principe simple finalement : c'est l'argent versé par les derniers arrivés qui permet de payer les intérêts des premiers - ça fonctionne tant que personne ne vient demander le remboursement de son capital. Avec la crise, c'est pourtant précisément ce qui est arrivé à Bernard Madoff : il n'était plus capable de payer ceux qui réclamaient leur argent. Il y a bel et bien "escroquerie" (la justice est saisie) mais, quand même, son mécanisme renvoit à un autre : celui des bulles spéculatives. Dans l'affaire des subprimes, par exemple, est-ce que ce ne sont pas les derniers arrivés (attirés par la promesse de gains énormes) qui ont payé pour les premiers entrés dans le système ? Tant que la "croyance" est là, le système fonctionne. C'est quand elle commence à s'effriter, que tout s'écroule. L'automobile... encore. Partout, c'est la priorité. Aux Etats-Unis, George Bush devrait décider de débloquer, finalement, une aide d'urgence aux constructeurs de Detroit, après le rejet du Plan de sauvetage par le Sénat américain, la semaine dernière. On parle d'un premier chèque de 8 milliards de dollars pour General Motors. En France, Nicolas Sarkozy reçoit, cet après-midi, les patrons de Renault, de PSA et ceux de leurs sous-traitants, équipementiers. Ils réclament, eux aussi, une aide d'urgence pour faire face, notamment, au crédit devenu trop cher pour acheter une voiture. Peut-être de quoi débloquer les négociations sur l'avenir de l'assurance-chômage. Selon "Le Parisien" de ce matin, le Médef serait prêt à renoncer à une baisse des cotisations au 1er janvier. L'organisation patronale en faisait, pourtant, un "préalable" jusqu'ici. Les syndicats parlaient eux de "provocation". Ils se retrouvent demain, pour une nouvelle séance de négociations. La bourse. Tokyo termine en forte hausse ce matin. A plus de 5%. Et ce, malgré l'annonce de pertes de 300 millions de dollars de la banque Nomura, dans le scandale Madoff.

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