Le groupe Accor réunit, ce matin, son Conseil d'administration pour une séance, qu'on peut qualifier de "décisive" pour l'avenir de l'entreprise. Sur la table, soumis au vote des 12 administrateurs, le projet de scission du groupe que les marchés financiers, semble-t-il, appelent de leur voeux. Dans la bouche des analystes, ça donne "un vrai projet, créateur de valeur" puisque, coupé en 2, le groupe Accor pourrait valoir, à l'avenir et selon eux, beaucoup plus, qu'aujourd'hui, en 1 seul bloc. Le projet de scission est porté par le PDG Gilles Pélission (qui n'en voulait pas, pourtant, il y a encore 1 an), et surtout par les 2 Fonds d'investissement, Colony Capital et Eurazéo, qui détiennent, à eux 2, 30% du capital. Leur logique est simple: au sein du groupe Accor, ce ne sont pas (contrairement à ce qu'on peut penser) les hôtels qui rapportent mais la branche "services". Le groupe a été bâti ainsi, sur "2 pôles": les hôtels, d'un côté (4000 hôtels, 15 enseignes différentes: Formule 1, Ibis, Sofitel et Pullman, 480 000 chambres, au total. 150 000 salariés)... les hôtels donc, d'un côté, et de l'autre les services, plus précisément les services pré-payés, avec le plus connus d'entre eux: le Ticket-restaurant! Ca, c'est la vraie "machine à cash" de l'entreprise: l'activité représente 13 à15% du chiffre d'affaire, mais générère plus de 50% de ses bénéfices! C'est très rentable. Avantage supplémentaire: l'activité "services" est moins soumise aux aléas de l'économie que l'hôtellerie, qui souffre beaucoup de la crise. L'idée des Fonds d'investissements, présents dans Accor, c'est donc de couper en 2 l'entreprise. Pour ensuite, sans doute, se retirer de l'activité hôtelière, la laisser à d'autres. Et pour, en revanche, engranger les dividendes de l'activités "services". Au sein du Conseil d'administration, une voix à ce stade, s'est faite entendre pour dénoncer le projet. C'est celle du Fonds Stratégique d'Investissment... fonds public, issu de la Caisse des Dépôts. Il va voter contre. Contre ce démentèlement qui pourrait "tuer" un champion national, alors qu'il est là, précisément pour le défendre. Réponse, dans la journée. Le Médef propose un nouveau mode de rupture du contrat de travail. On connaissait la démission, le licenciement, la "rupture conventionnelle" créée récemment, le Médef innove, et vient de proposer aux syndicats de tester une 4ème possibilité de rompre un CDI, un Contrat à Durée Indéterminée. Le patronat voudrait qu'un salarié, qui a envie de tenter une autre "aventure" professionnelle, puisse quitter son employeur, mais avec la garantie de revenir si son essai n'est pas concluant. La contrepartie: ce sont indemnités de départ nettement revues à la baisse. Pour les syndicats, cette proposition est un piège puisque le Droit au retour (dans l'entreprise d'origine) s'accompagnerait de conditions très restrictives. Trop. On veut, en fait, "pousser les salariés" vers la sortie estime la CGT. La négociation se poursuit. "Ceci n'est pas un plan de relance". Comme Magritte, Nicolas Sarkozy a sous-titré son Grand emprunt, hier. 35 milliards d'euros d'investissements publics, pour les "emplois de demain et d'après demain", mais, pour tout de suite: des mesures d'économies! Début 2010, le Président de la République convoque une "conférence sur les finances publiques". Objectif: réduire les dépenses. De l'Etat. De la Sécurité sociale. Et des collectivités locales.

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