Le Centre de Recherche sur le Commerce (basé à Londres), le Center for Retail Research en fait, est formel: la journée de samedi prochain (le 17 décembre) devrait constituer le "pic" des achats de Noël dans les magasins, en France. Sur internet (délais de livraison oblige), il paraît que c'est aujourd'hui le "pic" des commandes.

A Lille, ce sera pareil évidemment. Dans son bureau, avec vue sur les rails et la Gare de Lille Flandres, Laure Mouchot, la Directrice EuraLille, confirme : ses 120 boutiques attendent entre soixante et soixante-cinq mille visiteurs. "Un très gros samedi", dit-t-elle. Sur son ordinateur d'ailleurs, un compteur lui donne en temps réel, la fréquentation de son immense Centre commercial. "C'est comme ça que je sais qu'à midi hier (moment de mon rendez-vous), un peu plus de douze mille personnes avaient franchi l'une des portes du Centre.

EuraLille a ouvert, en 1994, et ça a été un événement. Pas seulement pour les Lillois: il n'y en avait pas tant que ça à l'époque, en France, des centres commerciaux, aussi vastes ET en centre-ville. Et puis celui-là avait "de la gueule" (si vous me permettez) : imaginé, dessiné par l'architecte star Jean Nouvel, il s'inscrivait dans le vaste plan de rénovation de tout le quartier: plan voulu par Pierre Monroy, qui avait obtenu que la nouvelle gare TGV soit construite là : "un coup de génie" dit encore aujourd'hui un représentant des commerçants indépendants du centre-ville. Bien-sûr, à l'époque (dit-il), ils se sont inquiétés de l'arrivée de ce mastodonte commercial, à 2 pas de leurs propres boutiques. Mais 17 ans plus tard, tout le monde reconnaît que c'est l'ensemble des commerces lillois, qui a bénéficié de cet élan: on vient d'un peu partout faire son shopping à Lille: des Belges, des Anglais évidemment.

La tradition commerçante de la ville, ville flamande, s'est régénérée. Mais aujourd'hui, c'est EuraLille qui veut se renouveler. Le grand paquebot se trouve un peu trop gris. Son image, aussi, s'est un peu ternie (avec les années). Comme beaucoup d'autres de ces grands centres commerciaux en France, il veut changer: 18 mois de travaux sont programmés pour l'éclaircir, l'embellir, le rendre plus chaleureux. Le faire "un peu monter en gamme également", reconnaît sa directrice. Qui veut multiplier ce que dans le marketting, on appelle le "waouh effect". Vous ne connaissez pas le "waouh effect"... c'est quand le client dit "woauh", épaté par une vitrine incroyable, une fontaine géante, un mur végétal, des jeux de lumières sidérants (je ne sais pas, quoi encore). C'est la tendance lourde de la distribution aujourd'hui, et je l'aurai découvert pour ma part à Lille : le "waouh effect".

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