Une gueule d'étudiant, comme beaucoup d'autres "lanceurs d'alerte". Et une démarche "désintéressée", sans aucune contrepartie, à part beaucoup d'ennuis, judiciaires notamment. Le quotidien Libération révèle, ce matin, le visage et la motivation de celui qui est à l'origine du scandale qui secoue le Luxembourg, depuis plusieurs semaines. Celui qui a gâché, par la même, les premiers jours de Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne, rattrapé par son passé de Premier ministre luxembourgeois, et de ministre des Finances du Grand duché. Celui qui est a l'origine des rélévations sur le système mis en place par le Luxembourg, pour faciliter l'optimisation fiscale des grandes entreprises, s'appelle Antoine Deltour. Il a 28 ans. Et c'est lui, notamment, qui a permis la publication des documents compromettants, le "scandale LuxLeaks". Vendredi dernier, il a été mis en examen par la justice luxembourgeoise pour "violations du secret des affaires", dans Libération, ce matin, il raconte son histoire. Dîplomé d'une école de commerce, il devient, en 2008, "auditeur", dans un grand cabinet, à Luxembourg: PWC, PriceWaterhouseCoopers. Il croit que son métier consiste à vérifier les comptes des entreprises, il découvre qu'il s'agit, en fait, d'aider les groupes groupes à payer moins d'impôts. "Optimisation fiscale, c'est un euphémisme", dit Antoine Deltour, "il s'agit (plutôt) d'une planification agressive mise en place par certains Etats, de stratégies complexes, pratiquées à échelle industrielle, par certains cabinets". Il n'avait pas l'intention "de contribuer à ça". Il démissionne, mais avant de partir, il prend soin de copier, depuis le système informatique de son employeur, tous les accords fiscaux, les "rulings" passés entre le Luxembourg et des centaines de grandes entreprises, qui obtiennent ainsi un taux d'imposition proche de zéro. Il les copie donc, mais "sans contourner aucune protection informatique" précise-t-il. Ces documents vont permettre de révéler le scandale. "J'ai agi par conviction, pour mes idées" dit, aujourd'hui dans Libération, Antoine Deltour. "Je suis juste un élément d'un mouvement plus général", dit-il encore. De fait, aujourd'hui, les révélations publiées dans le monde entier, vont au-delà des documents qu'il a "sortis" lui-même: d'autres Accords fiscaux signés par son cabinet sont apparus, les pratiques d'autres cabinets d'audit ont, également, été révélées. "Je ne suis, donc, pas seul" conclut Antoine Deltour, un lanceur d'alerte. Parmi quelques autres.

Attention péage! Le dossier des autoroutes devrait avancer, cette semaine. Une nouvelle réunion de négociation entre le gouvernement et les sociétés concessionnaires devrait se tenir, aujourd'hui ou demain, même si elle n'est pas à l'agenda officiel. Selon l'agence Reuters, les 3 grandes sociétés d'autoroute, Vinci, Eiffage et Abertis, ont remis, la semaine dernière, plus d'une dizaine de propositions pour dénouer la crise. Le gouvernement réclamerait un gel complet des tarifs des péages pour 2015, et envisagerait aussi de taxer un peu pluss les autoroutes, pour financer les grands travaux d'infrastructures, sans budget depuis l'abandon de l'écotaxe.

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