C'était le 22 décembre dernier, au ministère de l'Industrie à Paris. Le ministre, Christian Estrosi venait de réunir toutes les parties prenantes dans le dossier Heuliez. C'était le énième rebondissement (mais, on nous le promettait, c'était le dernier) dans cette affaire... le long feuilleton de la difficile reprise de cette entreprise, équipementier automobile qui veut devenir constructeur de voitures électriques. Un dossier économique. Un dossier social: un millier d'emplois concernés. Et un dossier politique: l'entreprise est basée en Poitou-Charentes, terre d'élection de Ségolène Royal qui a pris en main l'avenir de l'entreprise, accusant à un moment donné le gouvernement de ne rien faire pour la sauver. Le 22 décembre dernier, l'heure n'est plus à la polémique: Christian Estrosi et Ségolène Royal affichent le même sourire et tiennent le même discours, à Bercy: "l'avenir est dégagé pour Heuliez" affirme le ministre. "Heuliez est sauvé" dit la présidente de la région Poitou-Charentes. Elle ajoute même "c'est l'un des plus beaux moments de ma vie politique". Mais, voilà, aujourd'hui, c'est à nouveau l'inquiètude qui domine le dossier. Comme beaucoup le pressentaient, et comme certains le disaient même tout haut, y compris le jour même de cette fameuse conférence de presse, le repreneur d'Heuliez, le groupe Bernard Krief Consulting n'a toujours pas apporté l'argent qu'il a promis d'injecter dans l'entreprise. 16 millions d'euros, au total mais, pour l'instant, qui n'existent que sur papier! Un "titre de créance", la preuve que l'argent est bien quelque part, mais concrêtement pas dans les comptes de l'entreprise... qui va, tout droit, à la cessation de paiement! Ce serait une catastrophe pour la Région Poitou-Charentes qui a bel et bien versé, elle (rassurée par les promesses du repreneur) 5 millions d'euros! Ils pourraient être totalement engloutis si l'entreprise fait, finalement, faillite. Le gouvernement et Christian Estrosi sont tout aussi gênés. Ils se sont fortement engagés dans ce dossier, et ce malgré les alertes répétées, envoyées par le Fonds Stratégique d'Investissement, un Fonds public qui n'a jamais cru au projet et aux prétentions financières du repreneur. Résultat aujourd'hui: tout le monde cherche une solution. Hier, Christian Estrosi a parlé de possibles repreneurs. On sait que l'un d'entre eux a visité l'usine récemment. Le ministre se dit "certain" à 95% de trouve une solution pour sauver Heuliez. Le temps presse: les élections régionales, c'est dans un mois! La Grèce toujours au centre des préocupations en Europe. Les ministres européens des Finances se retrouvent, dès ce soir à Bruxelles, pour évoquer à nouveau le dossier. Ils doivent, en fait, valider le programme de redressement des finances publiques, élaboré par le gouvernement grec, et mettre en place un contrôle strict de son application. Selon un journal allemand, la Banque Centrale Européenne souhaiterait qu'Athènes durcisse encore son Plan, avec des mesures d'économies supplémentaires, comme une hausse de la TVA. Une majorité de ministres européens serait opposée à cette idée. Le Sommet social ce matin, à l'Elysée. Nicolas Sarkozy doit dévoiler le calendrier et la méthode, retenus pour réformer les retraites, cette année. Les syndicats refusent toute "précipitation" et prêtent au gouvernement une seule intention: reculer l'âge de départ à la retraite, au delà des 60 ans. La grève chez Ikéa. Pour les salaires et les conditions de travail. Selon les syndicats, le mouvement pourrait s'étendre aux 3 dépôts d'approvisionnement de l'enseigne. Une nouvelle réunion de négociations est prévue, ce matin.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.