Dans son bureau, au 5ème étage de l'immeuble de Force Ouvière, à Paris (avec une magnifique vue sur les toits parisiens), Jean-Claude Mailly relisait, hier après-midi, l'Accord sur la réforme du marché du travail en France. Sans surprise, le matin même, le Bureau confédéral de FO avait rejeté ce texte. La CGT a fait de même, et, au final, on le sait, seules la CFDT, la CGC et la CFTC parapheront l'Accord, avec le patronat. Jean-Claude Mailly relit, donc, une copie du texte, annotée de sa main. Article par article, il s'applique à démontrer la dangerosité des mesures proposées. "On parlait d'un Accord historique, c'est le cas, c'est une régression historique qu'on propose aux salariés!", dit-il. Pour le patron de Force Ouvrière, c'est clair, la fléxibilité va être générale et immédiate. Alors que les compensations accordées aux salariés, elles, sont "partielles, aléatoires, d'application tardive ou pouvant être, facilement, contournées par les patrons". La couverture maladie, les droits rechargeables à l'assurance-chômage, la période de mobilité volontaire: toutes ces mesures, présentées comme des avancées par ceux qui soutiennent le texte, ne trouvent pas grâce aux yeux de Jean-Claude Mailly, qui ne voit que leurs limites. C'est le cas de l'article 11, sur le travail à temps partiel. Il fixe le minimum légal à 24h par semaine "c'est bien", dit Jean-Claude Mailly, "mais il est aussi précisé que si le salarié le demande, ça pourra être moins". "Voilà ce qui va se passer, selon lui: les employeurs, notamment ceux de la grande distribution, feront signer, en échange d'une embauche, une lettre au candidat, demandant à travailler moins!". Sur le "CDI intérimaire", le patron de FO est encore plus agacé: ce nouveau contrat de travail est présenté comme "sécurisant" pour les salariés, qui passent de mission en mission. Or, selon lui, ce sont les agences d'intérim qui vont y gagner en rendant captifs ceux qui sont le plus facilement employables. Jean-Claude Mailly se fait alors plus politique. Il sort la copie d'un communiqué du candidat Hollande (on reconnaît le logo "François Hollande 2012") où il est écrit: "le CDI intérimaire ne sécurise pas les intérimaires mais les intérêts du Medef". "J'en ai d'autres comme ça" lâche Mailly, "qui vont me servir, dit-il, à convaincre les députés socialistes d'amender le texte qui va leur être proposé". "Mais je vais faire le tour de tous les groupes politiques, au Parlement" précise Jean-Claude Mailly, qui veut le croire: "l'histoire n'est pas finie".

On gèle? Mauvaise nouvelle pour les retraités, le gel de leurs pensions est à l'étude. Un gel "partiel", qui pourrait intervenir dès le 1er avril prochain. Patronat et syndicats vont, une nouvelle fois, en discuter aujourd'hui pour les retraites complémentaires. L'Agirc et l'Arcco sont, en effet, en déficit, et l'idée de ne pas accorder, comme d'habitude, une hausse des pensions aussi forte que l'inflation est proposée. Dans les Echos, le ministre du budget, Jérôme Cahuzac prévient: une telle désindexation pourrait s'appliquer, aussi, aux retraites de base.Gattaz fils. Au Medef, Pierre Gattaz se déclare candidat à la succession de Laurence Parisot. C'est le patron de Radiall, fabricant de composants électroniques. C'est aussi le fils d'Yvon, qui a dirigé, dans les années 80, le CNPF, l'ancêtre du Medef.

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