Est-ce en raison des drames de la semaine dernière, de la lourdeur du climat? Sûrement. En tout cas, les économistes, les patrons semblent avoir du mal à croire au redémarrage de l'activité économique, en ce début d'année. Avant les fêtes, les prévisions de fin d'année de l'INSEE avaient redonné un peu le moral: ça frémissait. Le moral des ménages, des patrons se redressait, selon les indicateurs. La semaine dernière, le massacre à Charlie Hebdo, le meurtre d'une policière, la traque des terroristes, la prise d'otage et les morts de la Porte de vincennes ont tétanisé tout le monde, et sans doute figé, pendant 3 jours, une partie de l'économie. Pour les commerçants, les soldes ont raté leur démarrage, alors que "tout se joue dans les premiers jours", disent-ils. Et quand on sait, l'importance de la consommation, dans la vitalité de notre économie, on peut s'inquiéter. Pour un conjoncturiste croisé avant hier, de toute façon, la période n'est pas aussi positive qu'on le pense, et les conséquences économiques des attentats ne peuvent que peser sur une situation bien précaire. Cet économiste -à classer du côté des traditionnels "pessimistes", il faut le préciser- vient d'ajuster ses prévisions, et pour lui, c'est clair: le 4ème trimestre 2014 a été négatif, et le premier trimestre 2015 le sera, lui aussi. 2 trimestres "dans le rouge", c'est une récession. Petite, très faible, mais une récession quand même. Le pétrole, l'euro sont au plus bas. Les taux d'intérêt, également. Tout ça, c'est bon, mécaniquement, pour la relance de l'activité, mais nos fondamentaux eux, notre compétitivité, notre capacité de rebond, restent "trop faibles", selon lui. Le bon vieux débat sur les "réformes-structurelles-à-mener-d'urgence" ne va pas tarder à ressurgir, d'autant que l'effet de la Loi Macron sur les décideurs s'émousse. Les mesures prévues sont limitées, et l'effet "psychologique" attendu pourrait se heurter au climat ambiant. L'autre inquiétude, moins psychologisante, plus prosaïque, c'est le ralentissement de la croissance et du commerce mondial. L'effet positif d'un euro faible (désormais à son cours d'introduction, 1, 17 dollar) pourrait être moins puissant qu'escompté. Un patron du CAC 40 à qui on demandait, hier, comment il "sent" la conjoncture, en ce début d'année, haussait les épaules, avant de lâcher: "une croissance à 0 ou 1%, quelle différence?".

Arrêtez de banquer! Les frais bancaires sont en légère baisse, mais une baisse en "trompe-l'oeil", selon l'étude annuelle Panorabanques, publiée ce matin, dans le Parisien. Analyse des tarifs de 158 établissements bancaires. Globalement, ils baissent donc. Baisse importante des frais de gestion par internet ou du prix des prélèvements. Mais, attention, les tarifs d'autres services augmentent. Parfois très fortement: les cotisations annuelles pour les cartes bancaires, notamment. Les (mystérieux) "frais de tenue de compte", + 23%. Et les commissions d'interventions pour les découverts. En fait, les banques, qui n'étaient pas encore au plafond, s'alignent sur le maximum fixé par la Loi: 8 euros par opération en découvert, 80 euros par mois maximum.

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