Samedi, dans le cortège syndical, qui avançait, très clairsemé, de Bastille à Montparnasse, les slogans contre la politique du gouvernement et contre Nicolas Sarkozy lui-même, n'ont pas manqué, mais dans les conversations parfois, c'est le nom de Jean-Claude Mailly qui était lâché. Depuis quelques jours, les déclarations du leader de Force Ouvrière ont, semble-t-il, pas mal agacé dans les rangs de l'Intersyndicale, qui organisait sa 5ème journée de mobilisation depuis fin janvier. Un "flop" que Jean-Claude Mailly avait annoncé. Prédit. "Il y a un problème de modalité d'actions" a-t-il déclaré à plusieurs reprises. Précisant sa pensée : "les manifestations à répétition, ça use les salariés. Et ça ne fait pas bouger le gouvernement". Force Ouvrière plaide, en fait, depuis plusieurs semaines, pour une journée de grève, nationale et interprofessionnelle. Et ce, contre l'avis de la CFDT et de la CGT (une nouvelle fois d'accord) et toutes les deux bien agacées par les "sorties" publiques du leader de FO. Résultat, samedi, les 3 leaders se sont boudés. Jean-Claude Mailly était, au premier rang du cortère parisien, évidemment, mais sur le côté entre la FSU et SUD. Bernard Thibault et François Chérèque étaient au centre et expliquaient que l'échec de la mobilisation devait aussi -un peu !- à l'attitude de Jean-Claude Mailly. "Certains tirent contre leur camp" a dit le leader de la CGT. "Qu'il la fasse sa grève et on verra qu'il n'y a pas beaucoup de militants FO dans les entreprises" a renchéri François Chérèque. Alors, c'est vrai que seul, Force Ouvrière ne pèse pas grand chose. Dans le privé, en tout cas, où cette crise fait des ravages. C'est vrai également que ce rôle de "poil-à-gratter", de "va-en-guerre", c'est le rôle "traditionnel" de Force Ouvrière. Il ne surpend personne, en fait : gare, donc, au "jeu de rôle" des uns et des autres. Mais c'est vrai aussi que si FO n'a pas les moyens de ses déclarations, il pose la bonne question : comment poursuivre le mouvement ? Comment sortir de cette impasse qui permet au gouvernement de reprendre l'avantage (on le constate avec les déclarations de Brice Hortefeux, hier sur France Inter, qui évoque le relèvement de l'âge de départ à la retraite). Ce matin, du côté des syndicats, personne n'a la réponse. Sous la relance... la rigueur ! On pourrait, évidemment, retourner cette phrase ("sous la rigueur, la relance") puisque, l'année prochaine, on aura les 2, si on en croit les informations publiées, ce matin, dans "Les Echos". Ce qu'on appelle les "lettres plafonds" ont été envoyées, ce week-end : elles fixent le budget de chaque ministère pour 2010. On y découvre que l'augmentation des dépenses sera limitée 1,2%. C'est très peu. La suppression de 34 000 postes de fonctionnaires est confirmée. Voilà pour la rigueur. En revanche, 3,5 milliards d'euros (c'est plus que prévu) seront consacrés à la relance. T'as vu l'avion ? Le Salon aéronautique du Bourget ouvre aujourd'hui. Dans un climat "plombé" par la crise, la grippe A (qui vident, toutes les 2, les avions) et le crash de l'appareil d'Air France. Airbus et Boeing - qui d'habitude en font un enjeu - prévoient un Salon "pauvre" en commandes, cette année.

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