Il était très attendu. En pleine crise grecque, sa parole pèse, évidemment. Les députés européens l'attendaient aussi pour lui faire préciser quelques zones... d'ombres (disons) dans son cv. L'Italien Mario Draghi -"SuperMario, c'est l'un de ses surnoms- appelé à succéder à Jean-Claude Trichet, à la tête de la Banque Centrale Européenne, était auditionné, hier, au Parlement européen. Une formalité dans le processus menant à sa nomination officielle, parce que le résultat du vote (la semaine prochaine, en séance plénière) ne fait guère de doute. Mario Draghi s'est donc exprimé, longuement, devant les parlementaires européens, sur la dette grecque. Comme Jean-Claude Trichet, il a fait savoir qu'il est contre toute solution qui ressemblerait à un "défaut de paiement" d'Athènes. Ce n'est pas une surprise mais, certains parlementaires, et notamment Pascal Canfin, le député Europe Ecologie qui raconte la scène, ont noté que Mario Draghi utilisait un argument "de banquier" pour se justifier: un défaut de paiement ferait du mal, a-t-il expliqué, aux grandes banques qui ont vendu des assurances contre la faillite du pays (les CDS). Le futur patron de la BCE "plus préoccupé par les profits des banques que par l'intérêt général": voilà l'impression, du coup, qu'a laissé Mario Draghi à certains de ses auditeurs. Impression renforcée par ses réponses aux questions posées sur son passé. Mario Draghi est un ancien dirigeant de la grande banque américaine Goldman Sachs. Mais -surprise!- en résumant son parcours professionnel hier, il a tout simplement "oublié" cette partie de son cv. Certains parlementaires européens lui ont, donc, rafraîchi la mémoire. Et demandé de s'expliquer sur son rôle exact, comme dirigeant d'une banque qui a vendu des produits financiers, certes parfaitement légaux (on appelle des "swaps de devises"), mais qui ont permis, pendant plusieurs années, à la Grèce de cacher l'ampleur de sa dette. Avec le résultat que l'on voit aujourd'hui. C'est clairement une "tâche" pour qui souhaite diriger la Banque Centrale Européenne. Un député a même exhumé le communiqué officiel de la banque américaine qui en 2002, assurait que Mario Draghi s'occupait bien, entre autres, "des activités auprès des gouvernements et de leurs agences", autrement dit des dettes publiques. Et des produits financiers qui vont avec. L'Italien -"un peu gêné" selon les témoins- a assuré qu'il avait, finalement, refusé de s'en occuper. En raison du conflit d'intérêt évident. Il n'a pas convaincu tout le monde. +0,1% L'INSEE vient de publier ses chifres pour le mois de mai. Une hausse, en 1 mois, de 0,1%. Après 0,3 en avril. C'est une bonne nouvelle: les prix de l'énergie diminuent pour la première fois en 8 mois, selon l'Institut. Sur un an, l'inflation se fixe à 2%. Cette inflation, moins forte que prévue en mai, devrait, selon toutes probabilités, retarder la hausse du SMIC, qu'on attendait pour le 1er juillet. La Grèce. Les ministres européens des finances n'ont pas trouvé d'accord, hier à Bruxelles, sur la bonne méthode pour restructurer la dette du pays. L'implication des banques privées est en débat. Et justement, l'agence Moody's annonce qu'elle envisage d'abaisser la note de BNP Paribas, de la Société générale et du Crédit Agricole. En raison de leur exposition à la crise grecque.

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