Il y a un côté parfaitement ridicule à la situation du jour puisque c'est à 8h45 précises que la France entrera, officiellement, en récession. Jusqu'à 8h44, "tout va bien" (ou presque). A 8h45, et la publication par l'INSEE de sa première estimation de l'évolution du PIB pour le premier trimestre de cette année, c'est fini : la France est en récession. C'est comme ça, c'est la définition retenue par les économistes et les statisticiens. Une récession, c'est quand on constate qu'une économie, qu'un pays, vient d'enchaîner 2 trimestres négatifs, en termes de croissance. Avec un recul de -1,1% au dernier trimestre 2008, et un nouveau recul, donc, au premier trimestre 2009 (il sera peut-être de 1,2% selon "Les Echos" de ce matin), la France entre, donc, en récession, ce matin. Il est à noter que si le recul, en janvier-février-mars 2009, n'était que de 0,1%, le constat aurait été le même : la récession aurait été officiellement constatée, de la même façon. Peu importe, l'ampleur, finalement, même si, évidemment, ça fait toute la différence pour le commun des mortels. D'ailleurs, c'est bien cette précision au dixième près (tout ce qui se passe derrière la virgule) qui explique que la France n'entre que maintenant en récession, bien après ses voisins européens. On l'a déjà oublié, mais ce débat sur "récession ou pas", il a commencé dès l'été dernier. Car le 2ème trimestre 2008 était déjà, négatif en France (et, on est bien avant la chute de Lehman Brothers!). Mais "miracle" de la statistique, au 3ème trimestre, alors qu'ailleurs en Europe, tout le monde ou presque bascule en récession, la France affichait une toute petite progression trimestrielle : +0,1%. Ce qui permettait au gouvernement de dire que tout n'allait pas si mal. Et lui permettait, surtout, de gagner un peu de temps, notamment sur la question de lancer, ou pas (et avec quelle ampleur) un Plan de relance. On l'a compris, tout n'est donc qu'une question de définition statistique de choses (parfois, suivie d'une exploitation politique): ce qui donne, du coup, ce "décalage" dans le temps. Aux Etats-Unis, un organisme indépendant (le NBER) a annoncé, fin 2008, que le pays était en récession... En fait, depuis 1 an déjà. Sans personne (ou presque) ne s'en aperçoive, ou n'en parle ! Bouygues Telecom lance le "4 en 1"! C'est le premier opérateur de téléphonie à se lancer, ainsi, dans ce qu'on appelle une offre "quadruple play": téléphone fixe, télévision, Internet et téléphone mobile. Un seul forfait pour ça. Fixé à 45 euros, alors que, pris séparément, l'abonnement mobile + l'abonnement à une "box", coûtent aux alentours de 60 euros. Les concurrents de Bouygues Telecom devraient rapidemment s'aligner. La "convergence" se poursuit, en tout cas. Les assureurs aussi. Aux Etats-Unis, des sociétés d'assurance-vie obtiennent le soutien de l'Etat. Comme avant elles, les banques. 6 grands assureurs vont être recapitalisés sur fonds publics. Pour plusieurs milliards de dollars au total, a annoncé, hier, le Trésor américain. Les concessionnaires Chrysler trinquent. Toujours aux Etats-Unis, la restructuration de Chrysler rattrappe ses concessionnaires. Le constructeur automobile veut réduire d'un quart son réseau. Et au pas de charge ! 800 points de vente vont fermer, d'ici au 9 juin. 38 000 emplois sont menacés.

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