"Moi j'ai un sens du collectif, et je me suis fait une régle: ne pas du tout commenter ce que font les autres membres du gouvernement, ne pas investir leur champ de compétence." C'est la réponse directe, hier soir (chez nos confrères de RFI), de Pierre Moscovici à son collègue du gouvernement, Laurent Fabius, qui, hier matin, s'est ajouté à la liste de ceux qui réclament un remaniement... à Bercy! Si elle arrive après d'autres, la charge de Laurent Fabius était plus sévère: "Bercy a besoin d'un patron". Ca claque et ça fait mal, même si le ministre des Affaires étrangères prenait soin de préciser que ce n'est pas la qualité des hommes et des femmes, ministres à Bercy, qui est en cause mais leur nombre. Depuis que François Hollande a fait savoir qu'il réfléchit à un remaniement, c'est donc Bercy et ses 7 ministres qui concentrent toutes les attentions, toutes les critiques, les spéculations. Et, peut-être aussi, les ambitions. 7 ministres, c'est beaucoup. Surtout que 4 sont de plein excercice. Les Socialistes se souviennent, du coup, des périodes qu'ils ont connu au pouvoir, où un seul chef y régnait: Pierre Bérégovoy, Dominique Strauss-Khan, Laurent Fabius... le ministre du budget était alors un secrétaire d'Etat ou un ministre délégué. C'est Nicolas Sarkozy qui a cassé ce modèle, en désignant 2 ministres de plein exercice. Couper Bercy en 2 pour affaiblir sa toute puissance, c'était alors l'objectif. La cohabitation des ministres Christine Lagarde (à l'Economie) et Eric Woerth (au budget) n'a pas été de tout repos. Celle, aujourd'hui, entre Pierre Moscovici (à l'Economie et au budget) et Arnaud Montebourg (à l'industrie, ou "redressement productif") ne l'est pas moins mais elle est d'une autre nature. Il y a une différence de styles et de tempéremment évidente, mais il y a surtout un problème de ligne politique qui explique aussi les "clashs" (souvent publics, ça aussi c'est nouveau) entre les 2 hommes. François Hollande a tenté, à Bercy, la synthèse qu'il aime temps mais au final, on ne sait pas ce qui l'emporte: la ligne "Montebourg", volontariste, étatiste et qui se caractérise par quelques coups d'éclats contre les grands patrons, par exemple. Ou celle de Pierre Moscovici, réformiste, social-démocrate, plus "pro-business". C'est celle qui est "conforme à la ligne fixée par le Président de la République" insiste, à chaque occasion Pierre Moscovici. Qui rappelle encore, qu'il a été, lui, le porte-parole du candidat.

Récession. La France est en récession, et c'est la 3ème fois depuis 2009. L'estimation de l'INSEE a été rendue publique, il y a quelques minutes: l'activité économique a reculé, au début de cette année en France: -0,2% dit l'INSEE. Comme le dernier trimestre 2012 était lui aussi en recul (révisé à -0,2), ça donne 2 trimestres négatifs consécutifs, soit la définition technique d'une récession. Le gouvernement, à l'instant, maintient sa prévision à 0,1% pour l'ensemble de l'année 2013.Textile. Le Français Carrefour en passe, à son tour, de signer un Accord de sécurité dans les usines textiles du Bangladesh. Cet Accord est proposé par 2 organisations syndicales internationales après l'effondrement d'un bâtiment qui a tué plus de mille ouvriers. Plusieurs grandes marques d'habillement ont déjà signé cet Accord: Zara, H&M, Marks and Spencer. Bennetton, Mango hier. Les marques américaines (Gap, Wal-Mart) semblent plus réticentes: elles affirment mener leurs propres actions pour améliorer les conditions de travail des ouvriers du Bangladesh.

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