C'est sûrement à ça qu'on reconnaît un grand patron: un sang froid, une assurance, à toute épreuve. "Un certain flegme", diront certains. "Un peu de morgue", peut-être pour d'autres. Carlos Ghosn, le patron de Renault, s'est à nouveau invité au 20 heures de TF1, hier soir. Il est venu présenter ses excuses aux 3 cadres licenciés injustement. Au même endroit, où il y a plus d'un mois, il les avait accablé, avec la même assurance et le même sang-froid. Le fameux "nous avons des preuves multiples". Hier, il a proposé aux 3 hommes de les recevoir personellement. De les réintégrer dans l'entreprise (s'ils le souhaitent). Et, quoiqu'il arrive, de les indemniser. Le moins que l'on puisse dire c'est que Carlos Ghosn n'a pas la "contrition facile": il ne s'est guère étendu, finalement, sur toute cette histoire. N'a pas eu de mots personnels, sensibles, à l'égard de ses salariés. Les "virés", et tous les autres. Ceux du Technocentre de Guyancourt, choqués par l'affaire révélatrice de certaines méthodes. En bon patron, il agit mécaniquement. Un problème, des solutions. Renault s'est trompé, Renault corrige, Renault répare. L'affaire d'espionnage, devenue "vulgaire escroquerie" termine en "affaire d'argent": les salariés maltraités seront indemnisés, donc. Et lui, le patron le mieux payé de France, se prive de son bonus 2010 et de ses stock-options 2011. Patrick Pélata, son numéro 2, lui s'est vu refusé sa démission: il reste, donc "pour ne pas ajouter de la crise à la crise", selon Ghosn. Pélata renonce, lui aussi, à ses primes. Face à la question de Laurence Ferrari "Avez-vous, Carlos Ghosn, pensé à présenter votre démission à votre Conseil d'administration", réuni hier?, le patron de Renault semble presque surpris: "non, j'ai présenté un plan d'action à court et moyen terme" pour que les erreurs commises dans cette affaire ne se reproduisent pas. "Et il a été accepté" répond Carlos Ghosn. Qui se fait "politique", tout d'un coup. Ce plan, a-t-il précisé 2 fois hier soir, a été accepté "à l'unanimité" du Conseil d'administration de Renault. C'est-à-dire avec l'assentiment des représentants de l'Etat. Et des réprésentants du personnel. Pour Carlos Ghosn, le dossier est donc clos". La Bourse de Tokyo a dévissé, ce matin. Les pertes se sont accélérées à l'annonce de la dégradation de la situation dans la Centrale nucléaire de Fukushima. Un plongeon de 14% en séance. A la clôture, l'indice Nikkeï affiche, une perte de 10,55%. Après - 6% hier. Hier, à la Bourse de Paris, ce sont les entreprises présentes ou liée au Japon qui ont reculé: tout le secteur du luxe. Celui des assurances, ou encore la filière nucléaire. Le secteur de l'électronique s'inquiète également beaucoup: le Japon est un gros producteur de composants électroniques. On craint des pénuries, par exemple de cartes mémoires flash, présentes dans les téléphones, les tablettes numériques ou les appareils photo. L'inflation. l'INSEE confirme sa "poussée", ce matin. Les prix ont augmenté de 0,5%, le mois dernier, en France. +1,7% sur 1 an.

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