C'est la première question que le lui poserait, quand je le reverrai: "lequel Xavier Bertrand êtes-vous aujourd'hui? Celui qui laisse les partenaires sociaux négocier entre eux, avant d'agir. Ou celui qui impose ses choix, renie sa parole et néglige les syndicats?" C'est ainsi qu'un leader syndical commentait, hier soir, le retour au gouvernement de Xavier Bertrand. Il retrouve, en effet, la rue de Grenelle. Nommé ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé. Des dossiers qu'il connaît bien puisqu'il a déjà eu à les traiter, par le passé: la santé, sous Chirac (avec l'interdiction de fumer dans les lieux publics), les affaires sociales, après l'élection de Nicolas Sarkozy, en 2007. C'est cette dernière période ministérielle de Xavier Bertrand que les responsables syndicaux aujourd'hui se remémorent, en prenant de bien soin de distinguer 2 périodes. La première (au tout début du quinquennat) a plutôt était bien vécue. Certes, le nouveau gouvernement impose ses projets (la réforme des régimes spéciaux de retraite, le service "minimum" dans les transports publics), et à chaque fois, c'est un Xavier Bertrand déterminé, zélé, qui est à la manoeuvre. Mais en même temps, l'exécutif accorde aux partenaires sociaux une grande liberté. Le gouvernement laisse le patronat et les syndicats négocier entre eux. Sur le marché du travail, la négociation aboutira à la création du licenciement à l'amiable. Une autre négociation se terminera, elle, par une signature inédite pour un Accord national du Médef, de la CFDT... et de la CGT! C'est la réforme de la répresentativité syndicale. Sauf que c'est là précisément, que Xavier Bertrand va décevoir, et finalement "casser" la confiance acquise auprès des syndicats. C'est la 2ème période: "le passage en force". Dans le projet de Loi, censé valider cette négociation, le gouvernement introduit une réforme des 35h qui va fâcher tout le monde. Y compris le Médef, pris en porte-à-faux. "Xavier Bertrand, à cette occasion, a montré qu'il n'avait pas de parole. Il faut s'en méfier", lâche un syndicaliste sur le mode "cette fois-ci, je suis prévenu". Cela dit, tous les syndicats, hier soir, semblaient plutôt rassurés par cette nomination. D'abord, parce que Xavier Bertrand est réputé bosseur. Ensuite parce que cette nomination met en quelque sorte fin à la "valse des ministres" aux Affaires sociales. 5 ministres en moins de 4 ans: Bertrand, Darcos, Hortefeux, Woerth et donc aujourd'hui Bertrand 2. Dernier commentaire d'un leader syndical: "au moins à celui-là, on ne sera pas obligé de tout expliquer. Comme on avait dû le faire avec Hortefeux!". La phase 2 de la crise de l'euro? Tout au long du wek-end, les dirigeants irlandais ont répété qu'ils n'ont pas besoin de l'aide de l'Union européenne et du Fonds Monétaire International.. que leurs besoins de financement sont assurés jusqu'à la mi-2011.. mais rien n'y fait: les rumeurs vont bon train sur le déblocage prochain d'une aide d'urgence à Dublin. Plusieurs dirigeants européens pousseraient, d'ailleurs, dans ce sens. Pour éviter un scénario "à la grecque". A Athènes justement, le gouvernement Papandréou évoque, pour la première fois, l'idée de prolonger la durée de remboursement du prêt de 110 milliards d'euros, accordé par l'Europe et le FMI. L'inquiètude gagne également le Portugal, victime depuis quelques jours de la défiance des investisseurs. Le ministre portugais des affaires étrangères évoque une "sortie de l'euro" de son pays si rien est fait pour rétablir une situation qu'il juge aujourd'hui "extrême".

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