C'est ainsi qu'un banquier appelle le dispositif que le gouvernement est en train de mettre en place, avec son Plan de soutien au système financier. L'une des mesures proposées consiste à faire entrer l'Etat dans le capital d'une banque. C'est une sorte de "nationalisation partielle" (comme vient de le faire, bien malgré lui d'ailleurs, le gouvernement américain avec 9 de ses grandes banques). En France, ce "guichet public" sera, donc, bientôt ouvert (sans doute, dans 3 semaines) mais les patrons des grands établissements bancaires du pays ont bien du mal, à ce stade, à dire -à avouer !- que oui, ils s'en serviront, forcément, un jour ou l'autre. Certains s'y sont timidement risqués d'ailleurs hier : ils ont été immédiatement attaqués en bourse (le cours de leur action a chuté en quelques minutes) - ils ont, donc, reculé aussi sec. La BNP, le Crédit Agricole (et avant eux, la Société Générale), publiaient un communiqué pour dire qu'ils n'avaient pas de besoin de l'Etat ! Les banques françaises, finalement, campent sur leur position : "nous sommes moins touchées que les autres par cette crise" répètent-elles. Elles ne sont pas prêtes, donc, à reconnaître quelques difficultés. Sauf qu'à Bercy, on est moins catégorique : on s'attend, effectivement, à voir les banques, prochainement, réclamer un soutien public. Les banques tricolores n'ont pas le choix : leurs homologues britanniques -qui ont fait entrer l'Etat dans leur capital- affichent désormais une solvabilité meilleure qu'elles. Les Françaises vont, donc, devoir s'aligner et frapper à la vitre du "guichet de la honte". Une évidence : la crise n'est pas finie ! C'est Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, qui hier a refroidi les esprits. Il n'y a aucune raison de verser dans un "optimisme exagéré" a dit le Luxembourgeois. De fait, à New York, Wall Street, hier, a clôturé sur une baisse marquée - un recul de 4%. Ce matin, la bourse de Tokyo est dans le rouge. Les signes d'un fort ralentissement économique se précisent. Une responsable de la Réserve Fédérale américaine parle ouvertement de "récession". Pour notre pays, les prévisions de la Banque de France arrivent au même constat. L'Assemblée nationale a adopté, cette nuit, le Plan français de soutien aux banques. Seuls l'UMP et le Nouveau Centre ont voté "pour". Le PS s'est abstenu. Le PC a voté "contre". Début aujourd'hui des négociations sur l'avenir de l'Assurance-chômage. Le gouvernement souhaite une baisse des cotisations. Face à la remontée du chômage, les syndicats, eux, veulent mieux indemniser des demandeurs d'emplois. Selon la presse, le nouveau nom de l'ANPE (qui sera officiellement présenté demain) devrait être "Pôle Emploi".

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