Précisément, c'est le retour du "syndrôme" du nuage de Tchernobyl", cette spécialité bien française qui veut qu'un phénomène qui touche tous les pays voisins de la France épargne notre beau pays. Au tout début de la crise des subprimes, on l'avait ressorti, une première fois, le célèbre nuage: ces produits financiers toxiques, on en trouvait pas en France, nous disait-on: ils étaient en Espagne, en Allemagne, aux Royaume-Uni mais certainement pas chez nous. On s'est vite aperçu que c'était faux: toutes les banques françaises en avaient dans leurs comptes! Avec la crise économique qui a suivi, re-belote: elle commençait à frapper tout le monde, mais le gouvernement français s'est accroché longtemps à un discours rassurant, à des prévisions de croissance manifestement surévaluées. Avant de devoir avouer que notre pays était touché. Comme les autres. Un peu moins au final (il faut le reconnaître), mais touché quand même. Ce "syndrôme du nuage de Tchernobyl", le revoilà! Avec la sortie de crise qui s'annonce, la même "petite musique" nous est jouée en fond sonore: nos voisins commencent à prendre des mesures un peu rudes pour "payer" cette crise: l'Espagne augmente ses impôts, la Grance-Bretagne annonce des privatisations, l'Allemagne se prépare aussi à de telles décisions (c'était l'un des thèmes de leur campagne législative). en France, le gouvernement dit miser sur le retour de la croissance pour rétablir les comptes publics. Augmenter les impôts? pas question! Privatiser? "On n'est pas là, quand même" dit Christine Lagarde, et pour la Sécurité sociale, Eric Woerth préfère augmenter son autorisation de découvert plutôt que de reconnaître qu'il faudra recourir à l'augmentation des taxes ou des charges, à un moment ou à un autre. Mais tout le monde, y compris dans la majorité, n'adhère pas forcément à ce discours. Et c'est bien comme ça qu'il faut comprendre le débat lancé hier. Si des élu UMP tentent d'écorner (un peu) le bouclier fiscal, c'est qu'ils savent, eux, qu'on n'y coupera pas. Et que les plus riches devront aussi participer à l'effort de crise. L'euro, le pétrole et la bourse: tous les 3... flambent. Et ces 3 phénomènes sont liés, ou s'alimentent les uns les autres. L'euro est à son plus haut face au dollar, qui poursuit sa glissage: hier, on échangeait un euro contre 1 dollar 49. Cette faiblesse du billet vert (c'est à chaque fois la même chose) pousse les investisseurs vers les marchés des matières premières, pétrole en tête. Résultat: un baril de brut coûtait 75 dollars hier. Cet appétit pour le pétrole s'explique aussi par le sentiment, sur les marchés, que la reprise économique se confirme. Les bons résultats trimestriels d'Intel et de la banque américaine JP Morgan ont, ainsi, propulsé les indices bousiers au plus haut. La barre des 10 000 points a été franchie à Wall Street. A Paris, le CAC 40 a pris, hier, un peu plus de 2%. Les Etats généraux de l'Industrie. Christian Estrosi donne leur coup d'envoi aujourd'hui. 400 patrons, syndicalistes, experts, réunis à Bercy pour réfléchir à l'avenir du secteur. Le ministre de l'industrie propose, ce matin, d'instaurer des primes aux entreprises qui décident de relocaliser leurs activités en France! La Loi sur la formation professionelle... définitivement adoptée, hier, par le Parlement. Elle cherche à concentrer les moyens de la formation sur ceux qui en ont le plus besoin: chômeurs et salariés peu qualifiés.

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