Le contraste est saisissant. En janvier 2008, c'est en grande pompe que le Président de la République avait organisé la remise officielle du rapport de la Commission Attali, la fameuse "Commission pour la libération de la croissance française". L'attente, à l'époque, était forte. Et Nicolas Sarkozy avait choisi, du coup, une mise en scène imposante: un grand discours à l'Elysée, en présence de nombreux ministres et de tous les membres de la Commission. Les journalistes s'étaient précipités. Ce soir, pour la remise du Rapport Attali 2: rien de tout ça. C'est à 18 heures -un vendredi, à 18h- que Jacques Attali a rendez-vous à l'Elysée pour remettre sa copie au Chef de l'Etat. "Aucun point presse, ou communication particulière" ne sont prévus. "Jacques Attali dira quelques mots, sur le perron, en sortant", affirme son service de presse, "vers 18h15/18h30", manière de dire qu'il ne devrait pas s'attarder. Encore moins, rester à diner. Dans les Echos ce matin, qui révèle une grande partie du Rapport, un membre de la Commission ne s'en cache pas, il craint un "enterrement de première classe". C'est en février dernier que Nicolas Sarkozy a décidé de réactiver la Commission Attali. Et de lui demander de faire de nouvelles propositions pour doper la croissance française. Dans son premier Rapport, elle avait formulé plus de 300 propositions. 60% ont été mises en oeuvre, jure l'ancien conseiller de François Mitterrand, oubliant de dire que certaines des plus emblématiques ou des plus importantes sont passée à la trappe, comme la réforme des taxis, ou la suppression des départements. Cette fois-ci, la Commission Attali avance 25 nouvelles mesures. Selon les Echos, environ la moitié porte sur la réduction des déficits. Elles vont plus loin, mais parfaitement dans le sens de ce que fait le gouvernement. Pas d'augmentation des impôts préconiée, mais une forte réduction des dépenses publiques, et des niches fiscales. Attali 2 propose, comme d'autres, le gel du point d'indice du salaire des fonctionnaires, l'extension de la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2 partant à la retraire aux collectivités locales et à la Sécurité Sociale. La Commission propose encore le gel des prestations sociales, la mise sous conditions de ressources des allocations familiales, et la fin de la prise en charge à 100%, par la Sécu des maladies longues durées. "C'est provoc'" mais c'est du "déjà lu", du "déjà entendu" et, surtout du "jamais retenu". Un peu comme la "TVA sociale", que la Commission Attali, aussi, a choisi de défendre. Les Français se ruent à la pompe. C'est ce qu'on appelle une "prophétie autoréalisatrice". On craint le manque d'essence. Tout le monde se précipite pour faire le plein. Et donc, la pénurie devient une menace réelle. Depuis une semaine, la consommation de carburant, en France, a ainsi fait un bond de 50%. La plupart des raffineries françaises étant, désormais à l'arrêt, le gouvernement, hier, a autorisé les compagnies pétrolières a puiser dans leur "stocks de réserve" (à ne pas confondre avec les stocks stratégiques). Il s'agit d'alimenter les professionnels, transporteurs routiers en tête. Ca libère 10 à 11 jours de consommation. A condition que l'accès aux dépots ne soit pas bloqué. +7% Les bons résultats de Carrefour, au troisième trimestre: des ventes mondiales en hausse de presque 7%. La croissance est même à 2 chiffres, en Amérique latine et en Asie. En France, en revanche, les ventes reculent, une nouvelle fois, dans ses hypermarchés.

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