Son entourage rejette l'idée selon laquelle elle serait la "jusqu'au-boutiste" du mouvement de grogne des chefs d'entreprises contre le gouvernement. Obsédée par l'idée de récupérer à son compte le mouvement des pigeons, qu'elle n'avait pas vu venir, c'est elle, Laurence Parisot, qui aurait fait adopter, la semaine dernière, aux 12 organisations patronales, une ligne "dure", la plus dure possible contre les projets fiscaux du gouvernement, et notamment la taxation des plus-values de cession. On le sait, c'est au cours d'une réunion, mardi soir dernier, que ces dirigeants patronaux ont rédigé un texte, une lettre ouverte au gouvernement intitulée "état d'alerte eutrepreunarial". Ce soir-là, 2 lignes s'opposaient. Il y avait ceux qui pronaîent la poursuite du dialogue avec le gouvernement pour obtenir le maximum de concessions (c'était le cas de la CGPME notamment, qui, au final, n'a pas signé le texte). Une autre ligne proposait de s'opposer frontalement, en réclamant le retrait pur et simple du projet. C'est cette ligne qui l'a emporté, mais Laurence Parisot n'aurait pas été plus vindicative que d'autres, au final, selon des témoins. "Tout le monde partage la même analyse de la situation", explique un participant de la réunion, qui en veut pour preuve, la signature du manifeste, vendredi, par 8 autres organisations patronales. Ce matin, en tout cas, c'est encore la présidente du Médef qui remonte au créneau. Elle n'y va pas de "main morte", dans le Figaro, qui en fait sa Une. "La situation est gravissime" dit Laurence Parisot, annonçant un "ouragan, à venir" sur l'économie française. Les patrons sont en état de "quasi-panique" dit-elle, les investisseurs, eux, qu'ils soient français ou étrangers, ont perdu toute confiance. Sur le projet de budget, Laurence Parisot reste sur la même ligne: elle réclame le retrait de l'article 6, consacré à la taxation des plus-value de cession. Et non pas seulement son aménagement, comme l'a consenti le gouvernement. "Nous ne serons pas les complices d'une erreur économique fondamentale et désastreuse", dit-elle. Laurence Parisot qui s'inquiète encore d'un autre projet du gouvernement: celui lié à la compétitivité. Alors que Jean-Marc Ayrault, aujourd'hui, effectue sa première visite "de terrain" sur ce thème, alors que l'on sent la majorité, le gouvernement, et le Président de République reculer sur l'idée d'un "choc" (à Matignon, on parle maintenant d'une "trajectoire de compétitivité"), Laurence Parisot redit l'urgence, selon elle, à agir sur les charges patronales. En dramatisant à nouveau: "le décrochage de la France est trop sérieux" estime la présidente du Médef.

Une demi. Le gouvernement dit "oui" à la création d'une demi-redevance télé pour les résidences secondaires. La droite l'avait supprimée en 2005... elle critique, aujourd'hui, son retour au prétexte notamment "qu'on ne peut pas regarder la télé à 2 endroits différents, au même moment", mais c'est confirmé: hier, Jérôme Cahuzac, le ministre du budget, a officiellement donné son accord à cette propositon des députés socialistes. Cette "demi-redevance télé", payée par les propriétaires de maison secondaire, sera de 64 euros par an (en métropole). En contrepartie, la redevance "complète", celle payée par tous, devrait augmenter moins fortement: de 2 euros. Contre 4, prévus initialement.

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