Vous avez tout tenté, Patrick, hier, mais Pierre Moscovici n'a pas craqué. Le ministre n'a rien dit, à ce micro, sur le dossier PSA, et les rumeurs du moment, c'est-à-dire sur l'entrée possible et concomittante de l'Etat et d'un constructeur chinois (Dongfeng) au capital de l'entreprise. Autrement dit, une "petite révolution". A plusieurs reprises, vous lui avez demandé si cette hypothèse de travail était la bonne, le ministre n'a rien confirmé du tout. Il a botté en touche, répétant que seule comptait, à ce stade, la réflexion stratégique et la logique industrielle. Et alors que vous tentiez une dernière fois de savoir si, ensuite, viendrait une modification du "tour de table", Pierre Moscovici a lâché cet argument "massue": "attention, on ne peut pas tout dire, PSA est un groupe coté". Le ministre n'a, donc, rien à se reprocher (il n'a rien dit, même pas en off) mais, pour la bourse, c'est raté. Sous le poids de la rumeur, et malgré un communiqué officiel du groupe laissant penser que rien est signé, le titre PSA a perdu, hier, 9%, en une seule séance. Une belle dégringolade! Alors il y a d'abord, un effet mécanique: la rumeur, largement confirmée par différentes sources autre que le ministre, annonce une importante augmentation de capital (sans doute, 3 milliards d'euros), donc pour les actionnaires, ça signifie une dilution significative à venir. Ils ont donc fui, vendu en masse. Mais, plus fondamentalement, les investisseurs se posent beaucoup de questions sur l'intérêt d'une telle opération. D'abord, sur le tête-à-queue: il y a un an, PSA se tournait vers l'Américain General Motors pour assurer sa survie. Aujourd'hui, changement de partenaire et d'horizon: c'est en Chine que Peugeot fonde ses espoirs de relance. Pourquoi pas mais si les experts du secteur comprennent bien ce que Dongfeng vient chercher dans un tel partenariat (un important transfert de technologies), ils ne saississent pas, forcément, l'interêt de PSA, autre que de trouver de l'argent frais. Mais, surtout, ils s'inquiètent de la future gouvernance du groupe. Telle qu'on la voit aujourd'hui, l'opération envisagée ressemble à un mariage à 5: la famille Peugeot, General Motors aujourd'hui. Bientôt, l'Etat français, Dongfeng et le Parti Communiste chinois qui contrôle Dongfeng! Etonnant attelage qui pourrait, vite, rendre PSA ingouvernable. Ceci explique, peut-être, pourquoi les tractations en cours pourraient durer encore quelques semaines. Et pourquoi le ministre préfère, du coup, ne rien dire.

Secret. La Suisse commence à enterrer son sacro-saint secret bancaire! Etape importante dans la lutte contre les paradis fiscaux: c'est, en effet, ce mardi que la Suisse doit signer, à l'OCDE (à Paris), une Convention internationale instaurant l'échange automatique d'informations fiscales. Concrêtement, le transfert des données bancaires va être simplifier, rendu systématique. Plus besoin de passer par un juge ou le fisc... des procédures lourdes qui n'aboutissaient pas toujours. A terme, la Suisse devra lever le secret bancaire sur tous les avoirs étrangers, détenus par ses banques. Si elle cède ainsi à la pression internationale, la Suisse espère obtenir, en échange, un accès élargi au marché européen des services financiers.Faillites. 12 790 entreprises ont déposé le bilan, cet été en France, selon le cabinet Altares. L'été 2013, du point de vue des défaillances d'entreprises, a été le "pire" depuis 2009, mais on était alors en pleine crise financière, et en pleine récession. Les entreprises de moins de 10 salariés sont les plus touchées aujourd'hui. Des commerces surtout: coiffeurs, restaurants, bricolage, habillement, alimentation.

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