C'est, maintenant, le président de la Commision des Finances à l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, qui confirme. Et qui ajoute, même, quelques millions aux millions. Bernard Tapie, dans le cadre du règlement de l'Affaire Adidas, a encaissé "au moins 220 millions d'euros nets" affirme Jérôme Cahuzac. Il précise qu'il arrive à cette estimation, par une autre méthode que celle du Canard enchaîné, qui révélait, la semaine dernière, l'ampleur du chèque du Trésor public. Jérôme Cahuzac dit s'appuyer sur certains documents qu'il a pu consulter, lui, cet été, à Bercy. S'il ne donne aucune autre précision, s'il n'entre pas dans le détail, c'est pour ne pas violer, explique-t-il, le sacro-saint "secret fiscal"! Son estimation vient simplement et cruellement rappeler que Christine Lagarde, chiffrait, elle, il y a 2 ans, à 30 millions d'euros seulement, le "gain net" de Bernard Tapie, dans cette affaire. C'est, finalement, 7 fois plus! Qu'est-ce qui explique cet impressionnant écart? Peut-être, le traitement fiscal qui a été accordé à l'ancien homme d'affaires. 10% seulement d'impôt sur l'ensemble des sommes concernées, si on on en croit certains députés, moins scupuleux que d'autres sur le secret fiscal. Christine Lagarde, en tout cas, dans un courrier adressé aux députés, vient de refuser d'en dire plus! Passons outre et continuons à nager en plein secret fiscal, parce que l'histoire ne s'arrête pas là. Certains députés s'émeuvent, en effet maintenant, du 2ème effet fiscal de toute cette affaire: le bouclier fiscal! Rien d'illégal évidemment, mais selon toute vraissemblance, Bernard Tapie, cette année, en 2010, en a bénéficié. Pour quel montant? Mystère. Mais son cas a valeur "pédagogique" si on peut dire. En 2009, son patrimoine (on vient de le voir) a fait un bond de plus de 220 millions d'euros. Ses revenus, eux, sont sans doute restés très faibles. Proportionnellement, en tout cas, à sa fortune retrouvée. Conséquence mécanique: il est devenu éligible au bouclier fiscal! L'a-t-il actionné? Une fois de plus, on ne sait pas, mais théoriquement (et on se demande pourquoi il se serait privé de cette possibilité), Bernard Tapie, en plus, du règlement de l'affaire Adidas, a reçu, cette année, un nouveau chèque du Trésor public. Forcément, il y prend goût! Les sacs Vuitton qu'on s'arrache. Dans la série "ce n'est pas la crise pour tout le monde", le site Challenges.fr révèle que le maroquinier de luxe a décidé de fermer ses magasins français, une heure plus tôt, chaque jour. Ca va durer jusqu'à fin novembre. Explication avancée: les stocks sont au plus bas, et Vuitton craint, carrément, une "rupture de stock" juste avant Noël. Ce qui serait, évidemment, dramatique pour lui. Les ateliers tournent à plein régime, mais ça ne suffit plus. LVMH, la maison-mère, au premier semestre, a enregistré une progression de plus de 50% de son bénéfice, grâce notamment au succès des sacs Vuitton. Dérivez! 2 ans, jour pour jour, après la faillite de Lehman Brothers, la Commission européenne s'attaque, aujourd'hui, aux marchés des "dérivés", ces produits financiers qui servent à spéculer sur la valeur future d'un taux de change, d'un taux d'intérêt ou d'un titre en bourse. Ils sont accusés d'avoir précipité la crise. Bruxelles souhaite imposer l'enregistrement systématique de ses opérations, pour mieux les surveiller.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.