C'est un ministre qui a réclamé le "off", aux journalistes qui l'interrogeaient, pour déclarer ceci: "moi, je suis plutôt optimiste pour la croissance française". Un politique qui demande à ne pas être cité, qui souhaite rester anonyme -c'est ça le "off"- pour donner une info, "balancer" sur un collègue, raconter une anecdote, ce n'est pas rare. C'est même monnaie courante. Pour dire du bien, ou se déclarer "confiant": c'est beaucoup plus surprenant. Le but reste que ce soit répété, cela dit, ce que je m'empresse de faire. C'est pourtant bien le cas de ce ministre qui explique pourquoi il veut rester discret: "on a trop annoncé le retour de la croissance, la "reprise", le "retournement", "l'inversion des courbes", la consigne, maintenant, au gouvernement, c'est de dire: rien ne va". C'est ça, au fond, l'objectif de "l'opération vérité" de la semaine sur les déficits. Mais, selon ce ministre, il existe pourtant des raisons d'espérer un retour à une meilleure conjoncture économique. Et le gouvernement, selon lui, ne devrait pas se gêner pour le dire. Il cite 3 bonnes raisons: l'euro (qui baisse), le pétrole (qui reste à un niveau faible, malgré les tensions géopolitiques) et les taux d'intérêt, qui devraient rester durablement au plus bas. Une conjonction de facteurs, très positifs pour notre économie, qu'on n'avait pas vue depuis longtemps. L'économiste Denis Ferrand, de l'institut COE Rexecode, n'est certainement pas aussi optimiste mais oui, il confirme: le recul de l'euro pourrait nous donner quelques (précieux) dizièmes de point de croissance en plus. Le crédit aux entreprises va mieux: la demande s'améliore et les conditions d'accès, fixées par les banques, s'assouplissent. Et puis, la croissance chez nos voisins ou partenaires peut nous porter, croissance en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis. Et en Espagne, ce qui ne s'est pas vu depuis plusieurs années. Mais les conjoncturistes, parce que c'est leur métier, tempèrent vite cet enthousiasme. Le secteur de la construction ne repart pas, ou pas assez vite (malgré les mesures annoncées). L'investissement public atone (avec la baisse programmée des dotations aux collectivités) va forcément peser. Tout devrait se jouer, en fait, sur l'investissement productif, l'investissement des entreprises. La "clé" est là. Tout le pense. Y compris l'Elysée, qui organise, précisément aujourd'hui des "Assises du financement et de l'investissement".

Manque. Près de 500 euros par mois: c'est ce qui manque à chaque Français! C'est le résultat d'un sondage commandé par la société de crédit Cofidis. A la question "combien vous manque-t-il, chaque mois, pour "vivre confortablement", notion très subjective (chacun peut y mettre ce qu'il veut), la réponse, moyenne, obtenue, c'est 464 euros. Un "manque" de quasi 500 euros. Dans ce sondage, 18% des Français interrogés affirment finir le mois, avec un découvert en banque, chiffre en progression sur un an. Une large majorité affirme subir une perte de pouvoir d'achat: perception partagée par toutes les catégories sociales, mais au plus haut, au plus fort chez les retraités.

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