Jean-Christophe David, le créateur de la chaîne d'esthétique Body'minute raconte sa découverte de cette façon. Alors que son coeur de métier, c'est l'épilation (et le secret de sa réussite, l'abonnement et le "sans rendez-vous"), il a constaté, il y a 3/4 ans, une envolée de la demande de ses clientes pour les massages. Une montée en puissance, très forte: aujourd'hui, il vend 500 mille prestations de ce genre, par an! Après recherche, il en est convaincu: la demande de massage des Françaises serait liée, directement, à leur niveau de confiance. Il y aurait un lien "bien-être-confiance". Et la confiance, c'est un bon indicateur pour savoir si l'économie va mieux, ou moins bien. Ainsi est né, -on ne rit pas- le "baromètre Body'minute". Ses concepteurs le jurent: le maillage des magasins (400, partout en France), et le concept "sans rendez-vous" permettent d'observer "en temps réel" et "au plus près" le besoin de bien-être des Françaises, et donc leur humeur. Quand elles sont, en confiance, elle choississent des massages plus courts (relax-minute ou shiatsus). C'est l'inverse, quand ça moins bien. Cet indicateur anticiperait, impeccablement, l'indice INSEE sur la confiance des ménages. Pour ce mois d'avril, ce n'est pas très bon: Body'minute anticipe un "tassement" général. Bon, ne soyons pas dupes: cet indicateur sert, surtout, de support de communication. La preuve: j'ai cité déjà 3 fois le nom de la marque depuis le début de cette chronique. Mais cette quête pour un indicateur, qui dirait de façon certaine, comment va l'économie, qui annoncerait, avant les autres, les retournements de conjoncture, est aussi vielle que l'économie elle-même. Pierre Bérégovoy, ministre à Bercy, avait son indicateur très personnel: il comptait le nombre de camions entre Nevers (sa ville) et Paris. Longtemps, également, les ventes de papier-carton étaient jugées comme un excellent indicateur avancé de l'économie: si les entreprises commandaient des cartons, c'était parce que leur activité, forcément, redémarrait. En fait, il n'existe pas, évidemment, d'indicateur miracle, une martingale. Et si un indice peut être pertinent quelque temps, il ne l'est jamais éternellement, ce serait trop facile. Un conjoncturiste raconte, d'ailleurs, cette anecdote au sujet, précisément, du papier-carton, censé être ce thermomètre infaillible: un jour, les patrons de secteur sont venus le trouver pour lui demander s'il n'avait pas un indicateur miracle pour les aider à anticiper le marché.

Fâcherie. Le patron de Renault est très fâché contre l'Etat français. La semaine dernière, à la surprise générale, le gouvernement a décidé de monter aucapital du constructeur automobile. Le but est de peser sur la prochaine Assemblée générale des actionnaires, et d'imposer, à l'avenir, le droit de vote double. Carlos Ghosn n'en veut pas, veut maintenir le principe "une action, une voix". Surtout, prévenu au tout dernier moment, il n'a pas apprécié la manoeuvre de Bercy. Le patron de Renault convoque, du coup, un Conseil d'administration exceptionnel, aujourd'hui, pour lancer une riposte.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.