C'était assez étonnant, de voir tomber hier, à rythme régulier, les communiqués des banques annonçant le montant (ou l'estimation) de leurs pertes dans ce scandale - ça a duré toute la journée. Jusque tard, hier soir, puisque c'est vers 22 heures (peut-être pour se faire discrète) que la banque néérlandaise Fortis a avoué être engagée jusqu'à 1 milliard d'euro dans cette affaire. A ce stade, en tout cas, c'est une banque espagnole qui "décroche la timbale", Santander, avec plus de 2 milliards 300 millions d'euros. Les banques et les assureurs français devraient s'en sortir avec une facture globale d'1 milliard d'euros. Ce n'est pas rien, mais tous affirment qu'ils n'ont pas directement investi dans le Fonds Madoff, mais qu'ils ont prêté à des clients qui ont cru en Madoff et qui lui ont, donc, confié leur argent. En fait, il faut comprendre que les banques françaises continuent à travailler avec des Fonds spéculatifs. Et donc, avec tous les risques que cela comporte ! Mais dans la très longue liste des "victimes" de Bernard Madoff, on trouve aussi et surtout des grandes fortunes, des "gens du gotha" (comme on dit) qui, eux, ont, souvent, suivi un cheminement différent pour arriver à Madoff. Mais avec le même résultat à l'arrivée. Ils se sont laissés "berner" alors soit directement par Bernard Madoff, lui-même, qui fréquentait le Palm Beach Country Club, en Floride, où on recense quelques "plumés" depuis jeudi dernier, soit par les intermédiaires -gestionnaires de fortunes- qui ont cru, également, aux résultats impressionnants du Fonds de Madoff. Tous, sont en quelque sorte des victimes du "bouche-à-oreille" du bottin mondain. C'est pour ça qu'on trouve aux côtés des banques, des particuliers parfois célèbres. Le grand jeu "qui a perdu et combien ?" a commencé. En France, on avance le nom de la famille Bettencourt, de l'Oréal (c'est dans "La Tribune" de ce matin), mais on cite toujours la famille Bettencourt. Le site l'express.fr parle de Caroline Barclay et Daniel Hechter. Dans la liste, on trouve aussi des Fondations, comme celle d'Elie Wiesel. (Une lecture trop rapide d'un tableau récapitulatif des pertes m'a fait dire des bêtises à l'antenne, ce matin. Je les ai retirées de ce texte, évidemment). Toujours plus noir. "La possibilité d'une récession mondiale est rééllement devant nous": c'est ce qu'a déclaré, hier, Dominique Strauss-Khan, le Directeur général du Fonds Monétaire International. Son organisation s'apprête à abaisser, une nouvelle fois, ses prévisions pour 2009. La raison, c'est le ralentissement plus fort que prévu de la croissance des pays émergents. La Chine fera 5 ou 6% "seulement, en 2009", soit 2 fois moins que les années précédentes. Dominique Strauss-Khan estime que les Plans de relance annoncés jusqu'ici, notamment en Europe, ne sont pas assez puissants pour enrayer la crise. 0% ? L'autre moyen pour y arriver, c'est la diminution des taux d'intérêt, pour stimuler le crédit et l'activité. La Réserve Fédérale américaine pourrait aujourd'hui, à nouveau, baisser ses taux directeurs... en s'approchant du taux zéro !

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