Tweet, hier soir, d'un député européen: "la rumeur enfle" écrit-il, "la France perdra son triple A après la clôture de wall street vendredi" (c'est-à-dire aujourd'hui). Le message ne nous avance guère, le député parle bien de "rumeur": on ne peut, donc, pas prendre totalement au sérieux son message. Pas plus que le "pari", évoqué, ici même, mardi, d'un spécialiste des agences de notation. Son raisonnement est celui-ci (je le rappelle): Standard & Poor's veut aller vite. Elle agira un vendredi soir, après la fermeture de Wall Street, pour éviter la panique. Comme elle ne peut pas le faire le 23 décembre (veille de Noël), ou le 30 décembre, c'est, donc, pour ce soir! Certains ajoutent, quand même plus prudents: "et si ce n'est pas ce soir, ce sera en janvier!". On en est là, ce matin. Toujours au même point. On attend. On attend mais pour entretenir cette "chronique d'une dégradation annoncée", on est aidé par les déclarations de François Fillon, et du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Ils se sont distingués, hier, en s'exprimant un peu à la manière d'un écolier qui commenterait, par avance, la mauvaise note qui lui ait promise. Il commence, d'abord, par débiner le prof (qu'il aimait bien jusqu'ici, quand il donnait de bonnes notes). Ensuite, il dénonce son voisin, plus mauvais que lui encore. Christian Noyer a fait exactement ça hier: "les agences de notation, a-t-il dit, sont devenues "franchement incompréhensibles et irrationnelles" a lâché le haut-fonctionnaire, qu'on a connu plus prudent. "Leur utilité n'est plus avérée aujourd'hui" dit-il... avant de parler de son voisin: "les agences feraient bien de commencer "par dégrader le Royaume-Uni. Il a pluss de déficit, autant de dettes, pluss d'inflation, moins de croissance que nous. Et le crédit, là-bas, s'effondre". C'est pas beau de dénoncer. Au Brésil, où il est en visite, François Fillon fait de même: "Nos amis britanniques, a dit le Premier ministre, ont un déficit et une dette plus élevés. Et les agences de notation ne l'ont pas encore reconnu". "C'est vraiment pas juste" dit-on dans les cours de récrée.

Et 1, et 2 et 3? On va tout droit vers un 3ème plan de rigueur en France. Valérie Pécresse, la ministre du Budget, s'en est à peine caché, hier soir au Sénat. Elle a confirmé qu'un budget rectificatif sera bien présenté au Parlement, début 2012. Il s'agira de mettre en oeuvre le mécanisme européen de stabilité, mais aussi, a-t-elle dit de "faire le point sur notre trajectoire [budgétaire]"... autrement dit, d'adopter de nouvelles mesures d'économies pour tenir nos objectifs de réduction du déficit. Récession. A ce stade, ils sont devenus, en tout cas, intenables avec l'entrée de la France en récession, confirmée par l'INSEE. Elle sera "légère et limitée" dans le temps, selon l'Institut. Le taux de chômage en France, départements d'outre-mer compris, devrait atteindre 10%, selon l'INSEE, au milieu de l'année prochaine. Vive les propriétaires! L'INSEE, qui publie, au même moment, son étude sur le patrimoine des Français. Fin 2010, il était repassé au dessus de son niveau d'avant crise. Un bond de 9% en 1 an, essentiellement dû à la flambée des prix de l'immobilier. Le patrimoine des ménages français correspond à 8 années de leur revenu. "Nous sommes dans une période de "prospérité patrimoniale" affirment les économistes.

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